Protection et promotion 110231 visites
Accueil

HISTORIQUE DES ECOLES CORANIQUES AU SENEGAL

Jeudi 20 Aout 2015 - 18:21:10

Historique des Ecoles Coraniques au Sénégal

Historiquement, l’école Coranique ou Daara constitue au Sénégal la première offre d’éducation basée sur l’acquisition de connaissance à partir de l’écriture, de la lecture et de mémorisation du Coran et de textes religieux. Certains chercheurs dont les travaux scientifiques sur l’historicité de l’école coranique au Sénégal servent de référence attestent que cette institution séculaire puisse ses fondements dans les sociétés traditionnelles du nord du Sénégal où l’ordre politique et social cédait la place à un vaste mouvement d’islamisation et d’hégémonie des lettrés »ceux qui maîtrisaient le Saint Coran » sur ces sociétés. Daara est un mot wolof qui signifie un centre d’enseignement.

 Dans ce processus historique de fondation et de d’institutionnalisation d’une éducation formalisées, l’école coranique devenait non seulement l’institution la plus reconnue socialement pour formation du « bon musulman » maîtrisant  parfaitement tout ou partie du Saint Coran et instruit des pratiques culturelles de l’islam, mais participait à la formation des élites au pouvoir.

L’enseignement Coranique traditionnel est basé sur la mémorisation des versets du Saint Coran et les textes religieux afin de développer chez l’enfant les techniques de déchiffrage et d’association. La pédagogie de l’école coranique recourt essentiellement aux techniques de l’observation, de la réflexion et de la mobilisation des structures Usuelles.

L’école Coranique est aussi une institution fortement ancrée dans la communauté et se reproduisait par l’offre de socialisation axée sur l’initiation des apprenants à la vie en communauté. Ce processus éducatif prenait en compte l’initiation aux activités agricoles et aux travaux d’intérêts collectifs).

« Le rite de passage à la vie adulte » par la recherche de l’humilité l’ascétisme constituait la modalité formative centrale. Ces deux vertus  cardinales de cette modalité devraient s’acquérir par l’éloignement du milieu familial direct et la dépendance à la communauté pour se nourrir. C’est pourquoi, la vie en communauté (en internat) était la règle des écoles Coraniques traditionnelles. Dans ce processus de socialisation, les privations et les châtiments corporels sont appliqués comme méthodes »éducatives ».

Ce projet pédagogique originel de l’école Coranique n’a pas résisté aux mutations de la société sénégalaise coloniale et post colonial. Elle a gardé la méthode traditionnelle pédagogique basée essentiellement sur la mémorisation et a perdu sa vitalité en tant que système d’éducation qui prenait en compte l’ensemble des connaissances et compétences pour la vie active au service de la communauté.

 La prise en charge de l’apprenant (le talibé) et de son maître (marabout) par la pratique de la quête de l’aumône, qui avait une valeur pédagogique et se pratiquait sur la base de contrat social entre la communauté, est devenue aujourd’hui une source d’abus, de la traite des personnes et d’exploitation économique pour de nombreux enfants. Le système qui soutenait les écoles coraniques en milieu rural a sombré suite à la longue sécheresse des années 1970 et à la crise généralisée des années 1980. Il s’en est suivi un exode massif qui n’a pas épargné les maîtres coraniques ou marabouts.

Ils furent contraints de partir en ville, d’autant que, de plus en plus, nombreux sont ceux qui leur confient leurs enfants non seulement par devoir mais nécessité sans aucune contrepartie. Même si elle aujourd’hui marginalisée, l’école Coranique constitue la première offre d’éducation basée sur l’acquisition de connaissances. Cette éducation intervient dès le cycle de la petite enfance et demeure la modalité d’éducation la plus répandue du fait de l’obligation pour tout parent musulman d’assurer à chaque enfant l’accès à l’instruction Coranique. Les zones d’exode sont celles de l’intérieure, singulièrement celles situées dans le bassin arachidier.

Il y a un double mouvement : celui des villages vers les villes centres que sont : Louga, Diourbel, Kaolack, Thiès, etc. Et celui de ces villes vers Dakar. Ce dernier mouvement est sans commune mesure avec le premier. Dakar la capitale du Sénégal est, en effet d’une force attractive telle qu’il est devenu au fil du temps la destination directe des émigrés du monde rural et même des pays avoisinants. Confrontés à l’urbanisation et à ses effets pervers : l’éclatement de la cellule familiale, la dislocation du tissu communautaire, l’individualisme, la perte de valeurs de solidarité. Les maîtres Coraniques ou marabouts à l’instar de bien d’autres émigrés et même de certains citadins recourent à la mendicité comme stratégie efficace de survie.

La mendicité des enfants  est aujourd’hui une des problématiques lourdes et chroniques de la plupart de certains écoles Coraniques soumises à la mobilité et installées en milieu urbain. Ainsi les enfants talibés mendiants sont soumis à des violences physiques, sexuelles et psychologiques souvent très brutales et même dé fois on enregistre de morts d’homme suite aux violences physiques. Dans des centaines de Darras ou écoles Coraniques urbains du Sénégal, ce sont ces enfants qui pourvoient aux besoins des adultes maîtres Coraniques ou marabouts et leur famille. Aujourd’hui on constate des milliers d’enfants victimes de la traite des êtres humains lorsque certains maîtres Coraniques ou marabouts les transfèrent d’un endroit à un autre ou les accueillent dans un but d’exploitation.

 Par Yaya SIDIBE Président  fondateur SOS TALIBES


Commentaires


   ...
Auteur
Pensée du jour
L'Afrique est un oeuf précieux à conserver: On le conserve bien, ça marche ; on le conserve mal et ça se casse
Alors gardons - le bien.

Transmis par René EKE (Cotonou)
Articles recents
Réalisé par Africaciel.com