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Pourquoi je suis indigné?

Vendredi 15 Septembre 2017 - 14:37:45

Pourquoi je suis indigné ? LA communauté internationale, complice du génocide des Rohingya ! I/ Historique Les rohingya sont un peuple indo-aryen, comme l?atteste leur langue. Leur présence en Arakan, sud-ouest de la Birmanie (Myanmar) remonte au xv ème siècle, selon plusieurs sources concordantes. Il y a eu, au cours des âges, des brassages socioculturels avec les Arabes, les Mongols, les Turcs et les Bengalis. Ils ont toujours été depuis le début de ce 15 ème siècle, un peuple islamisé. La Birmanie et l?actuel Bengladesh, voire une bonne partie de l?Inde et du Pakistan ne faisaient, à l?époque, qu?un seul état. En 1824, lors de la première guerre entre l?empire Britannique et la Birmanie, les Rohingyas furent ménagés par les Britanniques qui les considéraient, comme une minorité à part, incapable de les inquiéter. Mais le reste des Birmans soupçonnaient déjà une certaine collaboration entre les Rohingya et les colons Britanniques. Depuis l?indépendance, intervenue en 1948, leur état d?Arakan fut rattaché à la Birmanie et les Rohingya furent constamment soumis à la marginalisation et à la persécution quasi permanente, pour leur différence relative de couleur de la peau, de langue, mais surtout de religion avec la majorité bouddhiste de la Birmanie. Les Birmans prétendent que les Rohingya ne sont venus dans le pays qu?avec l?avènement de la colonisation britannique. II/ CONTEXTE DE CRISE Des opérations d?épuration ethnique sont entreprises depuis plusieurs années à l?encontre de la communauté Rohingya en Birmanie, avec la complicité active des autorités politiques et des moines bouddhistes. Ces opérations de génocide conduites par l?armée birmane, téléguidées par des moines bouddhistes, à travers les milices xénophobes « 969 » se passent Sous le regard coupable de la communauté internationale et la bénédiction du gouvernement, dirigé par Mme Aung San Suu kyi, conseillère spéciale de l'Etat et Porte-parole de la présidence de la République de l'union de Birmanie (faisant Office de Premier ministre), Lauréate du prix Andreï sakharov de l?union Européenne (en 1990) et du prix nobel de (la paix) en 1991 ! Des actes de barbaries, hunumains, ignobles sont ainsi perpétrés quotidiennement, par l?armée et les milices xénophobes bouddhistes, contre la minorité musulmane des Rohingya, via des assassinats massifs, ?disparitions forcées? torture et traitement hunimain et dégradan l?interdiction d?entrer à l?école pour les enfants des rohingya, l?obligation faite aux femmes mariées de ne pouvoir avoir que deux enfants, des déportations, des expropriations, des arrestations arbitraires, des travaux forcés, de l?esclavage le plus abject et le plus dégradant, des vols et des Viols, etc. En vérité, ces pratiques inhumaines, sont les conséquences directes de la loi de 1982 sur la nationalité, par laquelle, la junte militaire en place, avait ôté -à la face du monde- la citoyenneté Birmane (MYANMAR) à la communauté Rohingya ! Depuis lors, les xénophobes bouddhistes ont légitimé et légalisé le caractère Apatride des Rohingya et par conséquent, le sort, peu enviable, qui leur est réservé dans leur propre pays? il est étonnant, au vu de ce drame humanitaire, de constater avec désolation, que la communauté internationale n?a opposé à ces exactions d?un autre siècle, que la passivité qui frise la méprise et le silence coupable. C?est que la communauté internationale a eu le double tort de laisser pourrir une Situation en constante dégradation depuis 1978, première tentative d?intimidation et d?extermination de la communauté Rohingya, considérée par l?Organisation des Nations Unies, comme « la communauté la plus persécutée dans le monde » et ce, par le biais d?un rapport de 2016. Il faut noter également, avec indignation, le manque de réactivité de la Cour Pénale Internationale et surtout du Conseil de Sécurité des Nations unies, suite aux rapports bien documentés de human right watch, qualifiant de crimes contre l?humanité, les exactions multiples, commises par l?armée et les moines bouddhistes xénophobes, à l?encontre de la communauté rohingya. III/ Comportement passif de la communauté Internationale c?est également le lieu de souligner, avec amertume, la passivité incompréhensible de l?organisation de la coopération islamique (OCI) et ses démembrements, dont le Comité permanent chargé des affaires culturelles et de l?information (le comiac), présidé par le sénégal, face au nettoyage ethnique barbare, déclenché depuis 1978 en birmanie, contre la minorité musulmane des rohingya. Il est temps que l?Onu et le Conseil de sécurité décident de voter, le plus tôt possible, une Resolution pour imposer un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel dans la Zone d?Arakan et d?y envoyer, dans les meilleurs délais, des forces de maintien de la paix. A cet égard, notre pays, le sénégal, membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, est invité à prendre les Disposition Necessaires pour initier ou co-initier une telle Resolution le plus tôt possible pour fréner l?ardeurs des génocidaires. De même, la communauté internationale doit peser de tout son poids, pour l?ouverture immédiate de Couloirs humanitaires dans l?Etat de l?Arakan, afin de permettre l?acheminement rapide des secours d?urgence, destinés aux populations rohingya en détresse. par ailleurs, la Cour Pénale Internationale, dont notre Compatriote, le Ministre des affaires étrangères, Me. Sidiki kaba est le président de l?Assemblée Générale des Etats parties et notre s?ur de la Gambie voisine, Mme Fatou Bensouda, Procureure Générale, est aussi appelée à mettre sa machine judicière en mouvement, pour initier des Enquêtes préliminaires et indépandantes en Birmanie, afin de traquer et traduire les criminels de l?armée, des moines bouddhistes et leurs complices et commenditaires dans Administration Centrale, impliqués dans le génocide des Rohingya, devant la Justice Internationale. Dans cette perspective, l?OCI et ses démembrements notamment le Comiac, devront entamer immédiatement, sans délai, une vaste Campagne d?Information, sur le nettoyage ethnique, en Cours en Birmanie et à dépêcher un envoyé Spécial sur le Terrain des opérations. En attendant, tous les croyants et les Musulmans en particulier, sont invités à formuler des prières au Profit de nos s?urs et frères persécutés et assasinés en Birmanie ! IV/ SITUATION HUMANITAIRE CATASTROFIQUE DES RÉFUGIÉS ET DÉPLACÉS Camps de refugies, exactions: ce qu?il faut savoir sur la crise des Rohingya Selon Jelena Tomic ? RFI depuis le 25 août, plus de 370 000 Rohingya ont fui les violences dans le nord de l'Etat de l'Arakan pour se réfugier au Bangladesh voisin, selon un nouveau décompte du Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU publié ce lundi 11 septembre 2017. Ce chiffre vient s'ajouter aux 300 000 à 400 000 réfugiés qui vivent déjà dans les camps au Bangladesh après avoir fui les vagues de violences précédentes en Birmanie. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme a dénoncé ce lundi un « nettoyage ethnique » et appelé le gouvernement birman à mettre fin à l'opération militaire. A/ L?Ouverture d?un nouveau camp ! A Cox's Bazar, ce district du sud du Bangladesh qui abrite déjà six camps de réfugiés, officiels et improvisés, l'arrivée massive de réfugiés a complètement bouleversé le travail des organisations humanitaires. En deux semaines, 370 000 nouveaux réfugiés ont traversé la frontière birmane pour chercher refuge au Bangladesh voisin. Débordées par cette nouvelle vague de réfugiés, sans stocks suffisants de nourriture et de médicaments, les organisations humanitaires ont lancé des appels aux dons d?urgence. Depuis deux semaines les camps ont dû accueillir chaque jour entre 9 000 et 10 0000 personnes épuisées, affamées et traumatisées après des heures de marche à travers la jungle ou des traversées éprouvantes à bord de bateaux de fortune. Les autorités de Dacca viennent d'annoncer l'ouverture d'un nouveau camp de 810 hectares à proximité de Kutupalong et l'installation d'abris provisoires pour héberger ces nouveaux réfugiés qui seront tous enregistrés. On estime à 1,1 million le nombre de Rohingyas dans l'Arakan, cet Etat du nord-ouest de la Birmanie. Ainsi, un tiers de cette minorité apatride a fui les violences depuis le 25 août dernier. Ce jour-là, un groupe d'insurgés Rohingyas a lancé des attaques armées contre 30 postes-frontières et une base militaire, ce qui a déclenché une opération d'envergure de l?armée birmane. Les violences auraient fait, selon l?armée, au moins 500 morts, en majorité des Rohingyas, mais l'ONU estime le nombre de victimes à un millier et fait état d'exactions, de viols et de villages incendiés. Des informations qu'il est à ce stade impossible de vérifier. « Répression disproportionnée » et « nettoyage ethnique ». Ce lundi, le Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme Zeid Ra'ad al-Hussein a pourtant accusé l'armée birmane de mener une répression « clairement disproportionnée » qui relève du « nettoyage ethnique ». Ce n'est pas la première fois que cette agence de l'ONU accuse l'armée birmane d'exactions. La rapporteuse spéciale pour les droits de l'homme Yanghee Lee avait déjà épinglé le gouvernement birman pour de graves violations des droits de l'homme, après une première attaque en octobre contre l?armée de l?ARSA (l'Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan), un groupe armé jusqu'ici inconnu, et qui avait entraîné une opération musclée de l?armée et l'exode vers le Bangladesh d'environ 80 000 civils issus de la minorité musulmane apatride. Des accusations rejetées en bloc par l'armée birmane qui affirme avoir mené des opérations ciblées contre des terroristes. Comme en octobre dernier, l'ONU se base aujourd'hui sur de nombreux rapports et images satellites qui montrent des villages brûlés, et sur des témoignages de réfugiés qui font état d'exécutions extrajudiciaires, y compris de tirs sur des civils en fuite. B/ Réseaux sociaux en ébullition Deux semaines après le début des violences, la région du nord de l?Arakan reste inaccessible aux médias, ce qui ne permet pas d?avoir une vision objective et indépendante de la situation. Notamment sur le nombre exact de réfugiés et de déplacés interne, car des bouddhistes et des hindous ont également été contraints de fuir les villages en proie à des combats entre l?armée et les insurgés. La propagande qui bat son plein, en particulier sur les réseaux sociaux, complique la vérification de l?information. Les deux camps y dénoncent des exactions contre les civils, des massacres, des viols. L'armée birmane a récemment organisé pour quelques journalistes triés sur le volet une visite dans des villages dans le nord de l'Arakan, mais cette visite très encadrée n'a pas permis aux journalistes d'avoir une image objective de ce qui s'est passé ces deux dernières semaines. L'ARSA a annoncé dimanche un cessez-le-feu unilatéral d'un mois en vue de favoriser l'arrivée de l'aide humanitaire. Le gouvernement birman a répondu qu'il ne négociait pas avec des terroristes. Aujourd'hui, seule la Croix-Rouge internationale est autorisée par le gouvernement à accéder à ces zones. V/ RISQUES D?EMEUTE ANTI-MUSULMANE En attendant, cette crise risque à tout moment de dégénérer en émeutes anti-musulmanes comme cela a été le cas en 2013. En témoigne un incident très inquiétant qui s'est produit dimanche soir à Taung Twin Gyi dans la région de Magway dans le centre de la Birmanie. Plusieurs dizaines de villageois bouddhistes ont attaqué la maison d'un boucher musulman en lançant des pierres. Un cortège d'environ 400 personnes s'est ensuite dirigé vers la mosquée du village, avant d'être dispersé par la police. En 2013, des émeutes anti-musulmanes dans le centre du pays avaient fait des dizaines de morts. Selon Tirana Hassan, directrice du programme Réaction aux crises à Amnesty International VI/ Les mines terrestres posées par l'armée à la frontière avec le Bangladesh sont une menace mortelle pour les Rohingyas Les forces de sécurité De la Birmanie (Myanmar) ont posé des mines antipersonnel interdites par le droit international le long de la frontière avec le Bangladesh, qui ont grièvement blessé au moins trois civils, dont deux enfants, et auraient tué un homme la semaine dernière, a déclaré Amnesty International le 9 septembre 2017. En se fondant sur des entretiens avec des témoins et sur l'analyse de ses experts en armements, Amnesty International a constaté que des mines terrestres seraient utilisées de manière ciblée le long d'une bande de terre étroite qui forme une partie de la frontière nord-ouest de l'État d'Arakan où, selon les estimations de l'ONU, 270 000 personnes fuient une vaste opération militaire lancée il y a 15 jours. « La situation déjà terrible dans l'État d'Arakan s?aggrave encore. L'usage que fait l'armée du Myanmar d'armes meurtrières et non discriminantes par nature, sur des passages très fréquentés le long de la frontière, met la vie de simples citoyens en grand danger, a déclaré Tirana Hassan, directrice du programme Réaction aux crises à Amnesty International, qui se trouve actuellement près de la frontière entre le Bangladesh et le Myanmar. « La situation déjà terrible dans l'État d'Arakan s?aggrave encore. L'usage que fait l'armée du Myanmar d'armes meurtrières et non discriminantes par nature, sur des passages très fréquentés le long de la frontière, met la vie de simples citoyens en grand danger. Tirana Hassan, directrice du programme Réaction aux crises à Amnesty International. « L?armée du Myanmar fait partie des quelques rares forces armées nationales au monde (avec la Corée du Nord et la Syrie) qui utilisent encore des mines terrestres antipersonnel. Les autorités doivent immédiatement mettre un terme à cette pratique abjecte qui touche des personnes fuyant des persécutions. » Certaines mines ont été découvertes près de Taung Pyo Let Wal (aussi appelé Tumbro), dans l'État d'Arakan, à la frontière avec le Bangladesh. De nombreux habitants ont fui la zone vers un camp de réfugiés improvisé au Bangladesh, mais retournent fréquemment de l'autre côté de la frontière pour amener des vivres ou aider d'autres personnes à franchir la frontière. Le 3 septembre, une femme âgée d'une cinquantaine d'années a franchi la frontière depuis le Bangladesh vers Taung Pyo Let Wal et a marché sur une mine alors qu'elle faisait le chemin inverse. Elle est soignée dans un hôpital bangladais, car sa jambe, à partir du genou, a été emportée par l'explosion. Kalma, 20 ans, membre de sa famille, a déclaré à Amnesty International : « Ma belle-mère est allée dans notre village [depuis le camp] pour aller chercher de l'eau et prendre une douche. Quelques minutes plus tard, j'ai entendu une grosse explosion et j'ai entendu dire que quelqu'un avait marché sur une mine. Ce n'est que plus tard que j'ai réalisé qu'il s'agissait de ma belle-mère. » Plusieurs témoins ont déclaré avoir vu les forces de sécurité birmanes, notamment des soldats et des garde-frontières, poser des mines près de la frontière entre la Birmanie (Myanmar) et le Bangladesh. Amnesty International a vérifié l'authenticité d'images prises sur un téléphone portable, montrant les jambes de cette femme en lambeaux tout de suite après l'explosion. Des experts médicaux ont conclu d'après la nature de la blessure qu'elle avait été causée par un engin explosif puissant, dirigé vers le haut et situé au sol ? éléments qui convergent pour désigner une mine terrestre. Des villageois ont montré les photos d'au moins une autre mine terrestre près du même endroit, dont Amnesty International a pu vérifier l'authenticité. Quatre autres explosions de mines présumées ont également eu lieu cette semaine aux abords d'un carrefour fréquenté, près d'un autre village du Myanmar, situé dans la région frontalière. Elles ont grièvement blessé deux garçons âgés entre 10 et 13 ans, et auraient tué un homme, selon des témoins et des habitants du secteur. Un Rohingya, qui vit caché près de ce croisement, a déclaré qu'il avait trouvé, avec d'autres, au moins six autres mines dans la même zone. Avec plusieurs hommes, il a risqué sa vie pour déterrer deux de ces mines, afin de protéger les villageois. D'après l'analyse des images effectuée par des experts en armements d'Amnesty International, au moins l'une des mines utilisées serait une mine antipersonnel PMN-1, destinée à causer des mutilations ? et ce sans discrimination. Dans un rapport publié en juin 2017, Amnesty International a recueilli des informations indiquant que l'armée birmane, comme les groupes armés ethniques, dans l'État kachin et l'État chan, ont posé des mines antipersonnel ou des engins explosifs improvisés, qui ont tué et mutilé des personnes, dont des enfants. VII/ Aide militaire internationale Le gouvernement australien dispense des formations à l'armée birmane, tandis que la Russie et Israël comptent parmi les pays qui lui fournissent des armes. Alors que l'UE maintient un embargo sur les armes à destination de la Birmanie actuel Myanmar, certains États membres ont pris récemment des initiatives afin de fournir d'autres formes de soutien, y compris de la formation. Les États-Unis envisagent également d'accroître la coopération militaire avec l'armée du Myanmar, via des formations et des ateliers. « Les gouvernements autour du monde qui continuent de former l'armée de la Birmanie actuel Myanmar ou lui de vendre des armes appuient une force qui mène une violente campagne contre les Rohingyas, susceptible de constituer des crimes contre l'humanité. Il faut y mettre fin et tous les États qui envisagent un engagement similaire doivent changer de cap sans attendre », a déclaré Tirana Hassan. En début de semaine, le porte-parole de la conseillère d'État Aung San Suu Kyi a nié les informations parues dans les médias selon lesquelles l'armée a posé des mines terrestres : « Qui peut avec certitude dire que ces mines n'ont pas été placées par les terroristes ? » Quelques jours plus tard, le ministre des Affaires étrangères du Bangladesh, Shahidul Haque, confirmait à l'agence de presse Reuters que Dhaka avait porté plainte contre la Birmanie actuel Myanmar pour avoir placé des mines terrestres le long de la frontière partagée entre les deux pays. « Les autorités du Myanmar devraient cesser de tout nier en bloc. Tous les éléments de preuve laissent à penser que les forces de sécurité birmanes installent des mines terrestres qui sont illégales, et ont déjà mutilé de simples citoyens, a déclaré Tirana Hassan. « Ce qui se déroule sous nos yeux peut être qualifié de nettoyage ethnique, les Rohingyas étant ciblés en raison de leur origine ethnique et de leur religion. Sur le plan juridique, ce sont des crimes contre l'humanité, qui englobent le meurtre, et l?expulsion ou le transfert forcé de population. ?Ce qui se déroule sous nos yeux peut être qualifié de nettoyage ethnique, les Rohingyas étant ciblés en raison de leur origine ethnique et de leur religion. Sur le plan juridique, ce sont des crimes contre l'humanité, qui englobent le meurtre, et l?expulsion ou le transfert forcé de population?. Yahya SIDIBE Pdt SOS TALIBES

REFLEXION

Mercredi 30 Aout 2017 - 13:15:51

Mon intention est de vous donner des clés pour reconnaître les personnalités perverses narcissiques dans l'entreprise afin de s'en protéger (autant que possible?). Plus il y aura de personnes à même d'identifier ces personnalités, moins elles auront de pouvoir de manipulation et de nuisance. Mon intention n'est pas d'inciter à la haine vis-à-vis de personnes prisonnières à vie d'une personnalité pathologique.

Je m?exprimerai au masculin par convention. Qu'est-ce qu?un pervers narcissique? (PN) Un PN est pervers ET narcissique. Pervers : Sadique, il a du plaisir à infliger la souffrance morale (absence d'empathie et de culpabilité) Narcissique : Excessivement désireux de puissance et de gloire, il s?admire, se croit supérieur aux autres et est le seul qui compte pour lui.

 Manipulateur, il met ses proies sous emprise et les harcèle pour le plaisir et pour se valoriser. Comment reconnaître le PN dans l'entreprise ? Le plus souvent, il adopte au premier abord le masque du charmeur (moins fréquemment celui du généreux, du timide ou du tyran). Restons sur le cas le plus fréquent. Séduisant, sa poignée de main peut être exagérément longue ou ferme, son menton haut, sa présentation soignée.

Loquace et « grandiose », il a du bagou et parle souvent crûment. En réunion, il arrive souvent en retard et ne s'en excuse pas. Il prend de la place (repousse les objets placés devant lui) et attire l?attention. Il peut créer la surprise : se mettre en colère, humilier un collaborateur ou quitter la réunion sans explication.

Pour éviter d?être pris en défaut, il embrouille avec des grandes tirades compliquées, logiques en apparence uniquement, ou change subitement de sujet. S'il est réellement pris en défaut ou confronté à un refus, il accuse les autres, cherche à les faire culpabiliser, et peut se victimiser ou se mettre en colère.
Il ne se remet jamais en cause. Son management est incohérent et son équipe souvent divisée. Il y instille un sentiment de malaise et de non-liberté, et génère du stress et de la confusion. Il parvient cependant à rallier un petit « fan club ».

 Il cherche à intimider et s'assure qu'aucune tête ne le dépasse. Il peut se montrer alternativement amical pour recueillir des confidences (attention ! il fait des « dossiers » !) puis froid et absent (ne répond plus aux mails etc.) Il ne tient pas compte de l'emploi du temps de ses collaborateurs(demandes faites à la dernière minute, annulations de réunions etc.), et les pousse parfois à faire des choses qui ne leur ressemblent pas.
Il peut ignorer les demandes personnelles même s?il dit s?en occuper (mobilité interne, augmentation, formation, etc.). Même en son absence, il reste très présent dans les conversations, il parasite les pensées? Ambitieux, il poursuit des projets d'envergure, challengeants, valorisants, exposés ou susceptibles de le mettre en position de pouvoir.
Il n'agit pour le bénéfice de l'entreprise, de ses collaborateurs et de ses clients que dans le mesure où cela sert ses propres intérêts : sa carrière, son statut, ses revenus, son prestige. Il est donc peu respectueux des règles éthiques, légales et administratives (il n'a pas réellement de conscience morale). Le pouvoir stimule ses tendances perverses et nourrit son narcissisme, il l'incite donc à prendre des risques. De plus, imprévisible, il peut prendre des décisions importantes de façon impulsive. Ainsi, haut placé, il est une véritable bombe à retardement.
 Il ment constamment pour tout et n'importe quoi (performances exceptionnelles de ses enfants, histoires étonnantes qui lui sont arrivées, succès professionnels, etc.) Il accède ainsi à des fonctions pour lesquelles il n'est pas compétent. Il énonce de grands principes qu'il ne s'applique pas à lui-même.

Ne supportant pas la critique, il nie même les évidences. Constamment manipulateur, il peut changer d'attitude instantanément selon les circonstances et interlocuteurs, il fait passer ses messages par les autres pour pouvoir nier en être l'auteur si besoin, et divise pour mieux régner. Au fond très jaloux, il dénigre beaucoup les autres, se montre ironique, caustique ou agacé par leur médiocrité. On est avec lui ou contre lui. Si vous êtes contre lui, il vous menacera plus ou moins explicitement.

 Il est rancunier, tactique et revanchard. Cet article vous a aidé à y voir plus clair ? Merci beaucoup pour votre témoignage. Vous pensez qu?il peut aider quelqu?un à ouvrir les yeux ?

 Merci beaucoup de faire suivre. BONNE LECTURE!
yahya SIDIBE

Le Chef de l'Etat exige le retrait intégral des en

Vendredi 21 Juillet 2017 - 13:34:26

Le chef de l'Etat du SENEGAL exige le retrait intégral des enfants de la rue.

MENDICIDE DES ENFANTS

Entrant sa communication autour de la protection des personnes vulnérables, des droits et du bien- être des enfants. Le chef de l’Etat du Sénégal Président MACKY SALL exige le retrait intégral des enfants de la rue.

Le président de la république  veut mettre un terme au spectacle désolant que constitue la mendicité des enfants dans les rues de la capitale. En conseil des ministres du 21 juin 2017, il a réaffirmé son engagement à lutter contre ce phénomène. A cet  effet, il invité le gouvernement à poursuivre »le retrait intégral »des enfants de la rue. La protection des personnes vulnérables, des droits et du bien-être des enfants est un sujet qui préoccupe le chef de l’Etat, surtout en cette période de célébration de la 29e édition de la semaine nationale de l’Enfant. A cet effet, il a, en conseil des ministres, hier, réaffirmé la priorité qu’il accorde à la mise en œuvre consensuelle du plan d’actions issu de la stratégie nationale de protection de l’enfant, en particulier la santé maternelle et infantile, la scolarisation et l’éducation des enfants de la rue. Dans ce sillage, il a invité le gouvernement à poursuivre la campagne nationale de communication ainsi que les actions concertées visant le retrait intégral des enfants de la rue, la lutte contre la maltraitance et le travail des enfants, de même que les agressions et autres violences à leur encontre. Poursuivant, le chef de l’Etat a invité le gouvernement à mieux encadrer les interventions des organisations, associations et bonnes volontés, dans le secteur de l’enfance, à évaluer le dispositif institutionnel de protection des enfants, et à finaliser le projet de code de l’enfant. En effet, depuis l’opération de retrait des enfants de la rue, le 30 juin 2016, seuls 1620 enfants ont été jusqu’ici retirés sur 30.000 enfants.


La misère des exclus du système scolaire!

Vendredi 7 Juillet 2017 - 13:39:8

LA MISERE DES EXCLUS DU SYSTEME SCOLAIRE CLASSIQUE !

Un enfant dans la rue (talibé de 3 ans) mortellement percuté par un camion frigorifique le 25 juin 2017 à Saint-Louis.

Les habitants du quartier populaire de Gokhou Mbathie  à Saint-Louis ont assisté à la mort violent d’un enfant talibé de 3 ans.

La victime, qui traversait la route, a été mortellement fauchée par un camion frigorifique roulant à vive allure.

L’enfant se nomme MOR GAYE. Selon l’observateur, les hommes du commissaire Bécaye DIARRA ont par la suite procédé aux constats avant de mettre aux arrêts le chauffeur qui sera déféré pour homicide involontaire, deux jours après l’accident.


La misère dans les pays indusrialés: une priorité

Samedi 17 Juin 2017 - 22:42:52

La misère dans les pays industrialisés : Une priorité pour le G7 et le G20

Osons le dire!

Le développement de l’Afrique s’est invité encore une fois au rang des discussions des sommets du G7 et du G20 cette année en Italie aussi bien qu’en Allemagne. En toile de fonds la lutte contre les « causes profondes de la migration irrégulière » de quelques dizaines de milliers d’africains vers l’Europe.

 Pour l’Italie comme pour l’Allemagne, il s’agit de faciliter les investissements de leurs entrepreneurs en Afrique pour créer des emplois avec l’illusion de pouvoir garantir un travail décent aux 350 millions de jeunes âgés de 15 à 24 ans qui peuplent le continent. Ironie du sort, ce sont ceux-là même qui via les institutions financières internationales (FMI et Banque Mondiale) et via leur Club des pays créanciers (Club de Paris), ont poussé les pays africains à des programmes d’austérité dits d’ajustement structurel qui handicapent jusqu’alors la création d’emplois viables pour les jeunes africains. Difficile alors de croire à la bonne foi de ces nouveaux sauveurs de l’Afrique qui peinent à trouver une solution au chômage des leurs en Europe.

Derrière la publicité humanitaire consistant à sauver la vie des « pauvres migrants africains» en mer Méditerranée, il n’apparait pas moins pour ces pays l’envie d’aller vers le marché prometteur qu’est l’Afrique. En effet les rapports des économistes ne cessent de vanter le potentiel de croissance dans l’avenir de ce continent qui alimente la soif prédatrice de la finance internationale.

La preuve en est la démarche ciblée de l’Italie et de l’Allemagne dans leur «Compact » ou « Marshall plan » vers quelques pays stratégiques sur le continent et pas forcément ceux en ayant le plus besoin. La même démarche se retrouve dans le nouveau plan d’investissement que l’Europe vend au continent africain et qui verra l’objet du prochain sommet Union Africaine – Union Européenne en Côte d’ivoire.

 Ce sommet portera également, entre autres, sur les opportunités d’emplois à offrir aux jeunes africains. II apparait clairement dans les plans de développement de l’Afrique des pays du G7 comme du G20, une stratégie de recherche d’un nouveau souffle pour leur système économique en crise et dont la renaissance pourrait dépendre des ressources du « pauvre continent » africain et de la jeunesse de sa population.

Depuis la crise des subprimes en 2008 et la formalisation du G20 pour assurer la nouvelle gouvernance économique mondiale, les solutions se font toujours attendre. De la promesse de lutte contre les paradis fiscaux, de la nécessité d’une taxation des transactions financières, de l’urgence d’une refonte des institutions économiques internationales et de la mise en ordre du système financier et bancaire international, il est de moins en moins question.

Les solutions qui pourraient réellement transformer la vie des populations sur notre planète, créer des emplois viables, ramener de la justice sociale et fiscale au Nord comme au Sud sont mises de côté. En lieu et place on valorise encore et toujours la recherche de profit maximal pour le capital, la spéculation boursière,  et la croissance des richesses des nantis au détriment du social et de l’environnement. Mais au Sud, comme au Nord, la crise sociale s’amplifie.

Elle se vit plus en plus durement avec le risque de conflits et de rebellions de la nouvelles classes sociales composée de ceux et celles qui ont un travail précaire pour juste survivre et dont l’emploi est sans cesse menacé.  Pour camoufler cette situation critique, avec l’aide des médias, Les gouvernements ne cessent de brandir l’épouvantail du « terrorisme ». Ils stigmatisent tout autant l’étranger « voleur d’emploi » pour leur faire porter à tort le fardeau de la crise et justifier des dépenses folles pour « la sécurité et la défense du territoire ». Les citoyens se sentent prises au piège d’un système défendu par une alliance politico-économico-militaro- financière et en réponse, ils ne cessent de boycotter les élections qui n’offrent plus à leurs yeux une alternance ou encore l’espoir d’un lendemain meilleur.

Mettre en avant l’Afrique au sommet du G7 et du G20, c’est cacher la misère grandissante dans les pays industrialisés.  Celle des travailleurs mis aux chômages en Europe et aux Etats Unis par la mondialisation néolibérale, la délocalisation des entreprises vers des pays où de la main d’œuvre à bas prix est exploitée, et le recours à l’automatisation systématique.

 Dans les quelques métiers manuels qui restent encore à prendre dans les grandes surfaces, les marchés etc., les machines remplacent les hommes pour encore plus de profit sur le capital. La misère des jeunes surdiplômés livrés à des travaux précaires et plus que jamais en crise sur leur avenir. La misère des employés et ouvriers surendettés dans une société qui leur offre une course aux loisirs comme seul échappatoire à l’aliénation du travail.

 La misère des étudiants qui bien avant de commencer à travailler se retrouvent sous le poids de la dette car le système leur fait comprendre que s’ils veulent espérer avoir une belle vie dans cette société ils doivent commencer par s’endetter pour leurs études. Ils sont donc obliger de faire un pari sur l’avenir dans ces sociétés devenues un « casino géant ». Par chance certains trouveront un emploi et rembourseront leur dette tout au long de leur vie ou par malchance ils contracteront de nouvelles dettes ou n’auront d’autres recours que le suicide.

La dernière des misères de ces sociétés et la plus bouleversante qu’il soit est la perte des valeurs humanistes. Des sociétés qui ont transformé la solidarité envers l’étranger de passage en délit puni par la loi. Des sociétés qui se réjouissent de refuser des visas humanitaires ou les demandes d’asile à des personnes qui fuient la mort.

 Des sociétés où l’éloge des courants religieux « rigoristes » comme au Moyen-Orient et outre-Atlantique, de la laïcité « totalitaire » ou des partis politiques « populistes » appelant à la haine de l’autre comme en Europe, est devenu un fait banal. Rigorisme, Populisme, Totalitarisme. A y penser, les vrais problèmes au sein des pays du G7 et du G20 sont tout autant alarmant que les quelques dizaines de milliers de jeunes africains sacrifiés à l’autel des politiques migratoires sécuritaires. Alors à quand des sommets du G7 ou du G20 consacrés aux misères dans les pays industrialisés ?

Yahya

 SIDIBE


Les Défenseurs des Droits de l'Homme: état de lieu

Mercredi 10 Mai 2017 - 13:1:29

LES DEFENSEURS DES DROITS HUMAINS : état des lieux

Le contexte dans lequel s’effectue notre travail en droits humains varie sans cesse selon la situation économique, culturelle, sociale, politique et plus récemment technologique au niveau mondial. La mondialisation et la globalisation a accentué la « réduction » des distances entre pays, régions et peuples a permis de plus grands échanges d’informations, plus de communication entre les peuples et un transfert proportionnellement encore plus important d’argent, de biens et de services.

1-  Définition

On entend par défenseur[1] des droits humains (DDH) toute personne qui, individuellement ou en association avec d’autres, agit pour la défense et/ou la promotion des droits humains au niveau local, national, régional ou international[2]

L'article 1 de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l'homme[3] réaffirme que : « Chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international. »

Presque 70 ans après l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme et 20 ans après celle de la Déclaration sur les défenseurs des droits de l'homme, l'idéal universel de promotion de la justice, des droits humains et du droit de ne manquer de rien et de ne pas vivre dans la peur est voué à un avenir très incertain partout dans le monde. Aujourd'hui, les défenseurs des droits humains et l'espace dans lequel ils travaillent, sont pris pour cible et attaqués au lieu d'être soutenus et véritablement protégés par les gouvernements.

2- LES OBSTACLES RENCONTRÉS PAR LES DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS

La Déclaration sur la protection des défenseurs des droits de l’homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, est le premier instrument onusien à reconnaître l’importance du travail des défenseurs des droits humains et la nécessité de mieux les protéger.

En effet, nombreux sont ceux qui ont été eux-mêmes victimes de violations de leurs droits dans l’exécution de leurs tâches de protection et promotion des droits humains sur le plan national et international. Ces violations vont de cas flagrants tels que la violence physique et morale à d’autres formes de restrictions comme la privation du droit de se déplacer ou de se rassembler, les contraintes concernant l’accès à l’information et la diffusion de celle-ci, les difficultés pour obtenir des fonds, et les entraves au fonctionnement d’organismes par des procédures administratives longues, difficiles voir  même inutiles.

La Déclaration contient des dispositions sur les droits des défenseurs des droits humains et sur les obligations des États à les garantir. Elle contient également des dispositions sur les responsabilités qui incombent aux défenseurs et à ceux qui peuvent entraver la jouissance de ces droits chez les autres. La Déclaration sur la protection des défenseurs des droits de l’homme a été adoptée par l’ensemble des 185 États membres de l’Assemblée générale de l’ONU.

En tant que déclaration, elle ne possède aucune force légale obligatoire. Toutefois, cette Déclaration exerce une autorité morale certaine sur tous les États membres de l’ONU puisqu’ils en ont approuvé les termes par consensus. Elle reflète les normes que les États ont l’intention de respecter, sans qu’ils ne se soient encore engagés plus formellement à les mettre en œuvre dès maintenant. Une déclaration se transforme normalement en convention, c’est-à-dire en un document formel, signé et ratifié par les États participants et ayant force légale obligatoire.

 C’est le stade où ceux-ci commencent effectivement à appliquer les dispositions de la convention, comme dans un contrat, plutôt que d’exprimer seulement le souhait qu’elles devraient prévaloir. La Déclaration sur la protection des défenseurs des droits de l’homme devrait un jour acquérir le statut de Convention sur la protection des défenseurs des droits de l’homme. Toutefois, la seule existence d’une telle Déclaration à l’heure actuelle revêt une extrême importance.

Elle démontre en effet que les États, sans avoir signé ou ratifié un document ayant force obligatoire tel qu’une convention ou un pacte, acceptent déjà des normes internationales protégeant spécifiquement les défenseurs des droits humains et considèrent qu’elles devraient devenir loi. Ces États sont déjà moralement liés par la Déclaration même si leurs pratiques actuelles peuvent ne pas en témoigner.

L’Examen Périodique Universel (EPU) est un processus qui comporte, une fois tous les quatre ans, un examen des réalisations en matière des droits de l’homme des 192 Etats membres des Nations Unies. L’EPU est un processus mené par les Etats, sous les auspices du Conseil des droits de l’homme, qui offre l’occasion pour chaque Etat de déclarer quelles mesures il a prises pour améliorer la situation des droits de l’homme dans son pays et remplir ses obligations en matière des droits de l’homme.

Etant l’une des principales caractéristiques du Conseil, l’EPU est conçu pour assurer une égalité de traitement de tous les pays lorsque leurs situations en matière des droits de l’homme sont évaluées. L’EPU a été créé par l’Assemblée générale des Nations Unies, dans sa résolution 60/251 du 15 mars 2006, établissant le Conseil des droits de l’Homme lui-même. C’est un processus de coopération qui, en 2011, aura examiné les réalisations de chaque pays en matière des droits de l’homme. Actuellement, aucun autre mécanisme universel de ce type n’existe.

L’EPU est l’un des éléments clés du nouveau Conseil des droits de l’homme, qui rappelle aux Etats leur responsabilité de respecter pleinement et de mettre en œuvre tous les droits de l’homme et libertés fondamentales. Le but ultime de ce nouveau mécanisme est d’améliorer la situation des droits de l’homme dans tous les pays et de traiter des violations des droits de l’homme où qu’elles se produisent. On dit souvent que le droit à la liberté d’opinion et d’expression est la mère de tous les droits, tout comme le droit de rechercher et de recevoir des informations.

 Avant de pouvoir affirmer quelque chose, il faut d’abord en prendre conscience et être en mesure de le formuler, d’où l’importance de la liberté d’opinion et d’expression pour pouvoir revendiquer ses droits. Après c’est la liberté de parole qui permet aux individus de communiquer entre eux. Les hommes et les femmes que nous sommes sont, dit-on «des machines à prendre des décisions». Et c’est, paraît-il une des caractéristiques qui nous distingue de ces êtres plus primaires que sont les animaux.

Grandes ou petites, importantes ou secondaires, réfléchies et pesées ou hâtive, voire improvisées, les décisions succèdent aux décisions et entraînent pour chacun de nous des conséquences que nous n’avons pas toujours prévues. Plus nous nous situions à un degré élevé de l’échelle sociale, plus nos décisions ont de retentissement sur nous et sur les autres.

La question qui se pose est alors celle-ci : que faire, comment faire pour prendre de bonnes décisions, éviter autant que faire se peut d’en prendre qui soient foireuses ou désastreuses ? Où est la recette de la bonne décision ? «Il faut essayer, a dit l’ancien numéro un chinois, d’aller plus loin si l’on voit que c’est bon s’arrêter, revenir en arrière si l’on s’aperçoit qu’on s’est trompé. Mon premier principe est de ne pas craindre de faire des erreurs.

Mon  second est de les corriger dès qu’elles apparaissent.» «A plusieurs, on est plus perspicace qu’à quelques-uns; c’est par la sagesse collective d’un grand nombre qu’on parvient le mieux à faire progresser les entreprises et l’économie, les associations et les collectivités. La décision ne doit pas non plus être confiée à la sagesse d’une seule personne ou au diagnostic d’un petit groupe de dirigeants, qui se ressemblent parce qu’ils se nourrissent aux même sources d’information. Les groupes au sein desquels les décisions prises le sont de la manière la plus intelligente, la plus sage et la plus avisée ont pour caractéristiques principales d’être : assez larges pour que le collectif domine l’individuel et que le groupe cesse d’être influencé par les personnalités fortes qui  peuvent exister en son sien.

Cette diversité est nécessaire pour préserver la décision de l’influence d’un homme ou d’un milieu, des manipulations d’un groupe : plus le groupe est divers, plus est assurée l’indépendance et l’impartialité de chacun de ses membres et la qualité de la décision. A elle seule l’intelligence ne permet pas de voir tous les aspects d’un problème, de l’examiner sous toutes les perspectives.

 Pour que le monde imaginé par les auteurs de ces instruments cruciaux et déterminants de défense des droits humains se réalise, nous devons, tous ensemble, veiller à ce que les défenseurs de ces droits continuent de disposer d'un espace favorable et sûr pour mener à bien leur travail essentiel. De plus en plus, les gouvernements du monde entier adoptent des lois qui limitent l'exercice pacifique des droits humains, entravant le travail des défenseurs de ces droits et les exposant à un risque plus élevé.

 Ces lois interdisent aux organisations de la société civile de recevoir des fonds en provenance de l'étranger ou compliquent le processus d'enregistrement de ces organisations, autorisent le recours à une force excessive et injustifiée contre des manifestants pacifiques, ou encore permettent une surveillance de masse. L'espace dans lequel la société civile évolue se réduit chaque jour un peu plus. Les discours de haine et les propos attribuant à des groupes minoritaires la responsabilité collective de problèmes sociaux et économiques réels ou supposés se multiplient et créent un environnement hostile.

Le mépris persistant à l'égard du droit international humanitaire et des normes internationales relatives aux droits humains, ainsi que la multiplication des conflits informels, instaurent un climat instable et dangereux pour les militants. Le changement climatique et l'exploration et l'extraction minière des ressources naturelles entraînent les peuples autochtones et les défenseurs du droit à la terre dans des conflits de plus en plus fréquents avec les structures de pouvoir existantes.

La discrimination à l’égard de certaines minorités et les inégalités de genre sont omniprésentes. Elles sont enracinées dans la structure même de la société et ont une influence sur la répartition des pouvoirs à tous les niveaux. La discrimination fondée sur le genre rejoint et aggrave d'autres formes de discrimination, comme la discrimination liée à l'âge, à la couleur de peau, à la caste ou à l'origine ethnique, ainsi que la violence liée au genre. Elle continue d'aggraver la marginalisation de certains groupes et de restreindre leur capacité à exercer leurs droits humains.

Des gouvernements, des groupes armés, des entreprises, des groupes religieux et d'autres détenteurs du pouvoir prennent une multitude de mesures destinées à réduire au silence les voix qui les critiquent et à empêcher le travail des défenseurs. Dans leurs efforts pour protéger leurs intérêts, les détenteurs du pouvoir accusent ceux qui s'opposent à eux d'être des « agents de l'étranger », des terroristes ou des menaces pour la sécurité, le développement ou les valeurs traditionnelles, créant des divisions au sein de la population. Ils peuvent alors les attaquer, ruiner leur réputation, les arrêter et les emprisonner sans justification, ainsi que faire usage de violence.

 Des défenseurs des droits humains sont victimes de harcèlement, font l'objet de campagnes de dénigrement, subissent des manœuvres de déligitimation, de stigmatisation et de diabolisation, sont torturés, placés en détention illégale et même tués pour avoir simplement osé défendre les droits humains. Des syndicats sont dissous. Des journaux sont fermés. Des réseaux sociaux sont interdits et les communications numériques surveillées. Il devient de plus en plus difficile de descendre manifester dans la rue.

 Les gouvernements laissent entendre que les droits humains ne sont plus importants. Du fait de cette évolution des comportements à travers le monde, il est plus facile d'incriminer, de marginaliser et de discriminer ceux qui défendent les droits humains. Les défenseurs n'ont souvent pas accès aux informations, aux réseaux et aux outils dont ils ont besoin pour faire changer les choses.

 Dans beaucoup de pays, il n'existe pas de lois ni de programmes destinés à soutenir leur travail ou à les protéger des attaques des autorités, des entreprises et, souvent, de la population elle-même. Leurs agresseurs sont rarement traduits en justice. Et il n'existe aucune volonté politique d'affirmer clairement que les défenseurs des droits humains sont indispensables pour bâtir un monde meilleur.

Aujourd'hui, des défenseurs de toutes les régions du monde et de tous les horizons sont prêts à tout risquer pour combattre l'injustice. Ces défenseurs sont des étudiants, des responsables locaux, des journalistes, des avocats, des victimes de violations des droits humains et leurs familles, des professionnels de la santé, des enseignants, des syndicalistes, des lanceurs d'alerte, des paysans, des militants environnementaux, des opposants politiques, et bien d'autres personnes encore. Nous devons nous battre à leurs côtés et reconnaître la valeur de leur action courageuse, qui contribue à protéger l'ensemble de nos droits.

Nos sociétés deviennent rapidement de plus en plus liées les unes aux autres et notre dépendance envers les ressources des uns et des autres augmente à une vitesse fulgurante voir exponentielle. Le terme «mondialisation et globalisation » est le terme utilisé en général pour parler de notre ordre mondial actuel toujours en mutation, caractérisé par des relations mondiales de plus en plus importantes et puissantes, des réseaux et des associations renforcés et organisés dans le monde entier, et le phénomène naissant d’une conscience mondiale.

Pour certains, la mondialisation et la globalisation ont une force libératrice alors que pour d’autres elles représentent un nouveau moyen pour ceux qui détiennent le pouvoir de continuer à refuser de partager les ressources avec leurs concitoyens. Ce qui semble immuable, c’est l’évolution du rôle des nations, de leurs politiques et de leurs économies. Les organisations internationales économiques (telles que la Banque Mondiale, le FMI et l’OMC) et les multinationales en particulier ont vu leur influence considérablement augmenter sur les économies nationales, locales et elles détiennent souvent plus de pouvoir que les gouvernements nationaux.

Les intérêts corporatifs redéfinissent le paysage du pouvoir, « mettant en doute la compétence de l’État à garantir la sécurité des droits fondamentaux de ses citoyens et à préserver une démocratie participative et inclusive». (Ishay, M. 2004 : 181-193)

De nombreux pays, asservis par le poids de la dette, ont été obligés d’accepter de sévères programmes d’ajustement structurel qui aggravent encore les famines, la pauvreté absolue et le chômage endémique des jeunes. Cette dégradation des conditions de vie a eu de lourdes conséquences sur le quotidien des populations majoritairement pauvres. Les tensions entre ethnies ou communautés se sont amplifiées, aboutissant souvent à des conflits armés internes graves et sanglants ou à des émeutes à grande échelle.

Un autre facteur important à souligner est que les hommes, les jeunes et les femmes subissent différemment les effets de la mondialisation et la globalisation. Bien que, grâce à la mondialisation, de nouveaux emplois aient été créés pour les femmes, les changements récents ont exacerbé les inégalités entre hommes et femmes. Les femmes sont en général plus durement touchées par les changements provoqués par la mondialisation.

 Au fur et à mesure que l’ajustement structurel se fait sentir, les conditions de vie se dégradent et les difficultés des femmes se multiplient car elles doivent travailler davantage pour compenser l’amenuisement des services sociaux. Elles sont rarement consultées ou prises en compte quand des plans de développement à grande échelle sont développés. La perte de souveraineté que les États ressentent a augmenté leur niveau d’anxiété. Ils ont fini par éprouver de l’aversion et du mépris envers le système international et le multilatéralisme, surtout dans le domaine des droits humains.

Le refus actuel exprimé par les États de s’expliquer ou d’être sanctionnés par toute institution qui ne relève pas de leur autorité (par exemple: les organisations internationales, la cour internationale de justice) menace les quelques succès obtenus ces vingt dernières années par la communauté internationale travaillant dans le domaine des droits humains. Les desseins en matière de sécurité de nombreux États menacent aujourd’hui gravement notre liberté fondamentale.

En raison de cette évolution permanente du monde, notre travail en tant qu’éducatrices ou éducateurs et militantes ou militants des droits humains doit surmonter de nouveaux défis. Les événements du 11 septembre 2001 et les préoccupations de sécurité toujours grandissantes liées à «la guerre contre le terrorisme» continuent d’engendrer dans le monde entier de nombreuses répercussions sociales, économiques et politiques. « Les mouvements animés par les principes universels des droits de l’homme (ou les forces sociales) (…) ont été affaiblis dans leur rôle traditionnel de modérateur à l’endroit de l’autorité étatique.

De plus en plus paralysé par les impératifs du marché et les préoccupations sécuritaires de l’après-11 septembre, l’activisme en faveur des droits humains a graduellement fait place à de nouvelles tendances autoritaires. » (Ishay, M. Globalization, décembre 2004, Vol. 1, No. 2, pp. 182. Si notre travail s’est traditionnellement concentré sur le rôle et les responsabilités des États-nation, il est aujourd’hui évident que nous devons aussi nous pencher sur le rôle et les responsabilités de tous les autres acteurs présents (organisations internationales, multinationales, les industries extractives, les parties politiques etc.)

Si nous voulons avoir un impact sur les changements qui ont lieu dans nos communautés dans le domaine des droits humains. Au cours de la dernière décennie, le travail des défenseurs des droits humains pour une plus grande sensibilisation aux droits humains à l’échelle mondiale, a grandement profité de l’accessibilité accrue aux technologies de l’information et des communications. Grâce à l’Internet, l’accès rapide,  aux nouvelles, à des recherches et aux reportages visuels crée un sentiment d’interconnexion entre les individus de différentes régions du monde, le continent africain en particulier comme jamais auparavant.

 Au fur et à mesure que les médias élargissent leur part d’audience dans des endroits encore éloignés voir inacecible, surtout grâce à la radio et à la télévision, l’information et les connaissances sur les droits humains suivent le rythme. Les technologies de l’information et de la communication comme l’Internet et la téléphonie cellulaire sont devenues des outils de sensibilisation aux violations de droits humains les plus dynamiques permettant de couvrir rapidement et largement des problèmes spécifiques de droits humains qui affectent des milliers de personnes dans le monde.

Grâce à l’accès rapide à tant d’information, le sentiment d’indignation fait place à l’action. Ces nouveaux outils ont ouvert [pour les militantes et militants des droits humains] un espace public plus égalitaire et participatif où il est possible d’accéder à l’information susceptible de prévenir les violations des droits humains et promouvoir les valeurs et pratiques inhérentes à leur travail et de ne plus dépendre des «médias de masse corporatifs».

Toutefois, ces technologies ne les protègent pas davantage contre le harcèlement sexuel, le viol, la violence à caractère politique, les attaques terroristes, l’emprisonnement et la mort pour publier ou diffuser des nouvelles et de l’information, surtout dans les pays où la censure et le contrôle des médias sont la norme.

Bien que la mondialisation génère à la fois des coûts et des opportunités, ceux-ci sont présentement répartis de manière très inégale. Il est généralement reconnu que les pays en voie de développement ou en transition comme l’on voit dans la plupart des pays africains  font face à des difficultés spécifiques quant aux défis émergeant d’un monde globalisé.

Ainsi, les membres des Nations Unis ont reconnu que c’est seulement par des efforts soutenus et durables pour créer un avenir commun, que la mondialisation pourra être équitable et inclusive. Ces principes, exprimés, à un niveau mondial, dans les objectifs du millénaire pour le développement constituent des efforts qui incluent des mesures et des politiques correspondant aux besoins des pays en voie de développement ou en transition et qui ont été formulées et qui seront mises en œuvre avec leur participation active.

Face à ces défis mondiaux, les organisations défendant les droits humains doivent surmonter de nombreux obstacles. Les défenseurs des droits humains doivent inscrire leurs actions dans un cadre politique, développer les réseaux existants ou en créer de nouveaux, et forger des alliances avec les organisations déterminées à atteindre les mêmes buts, en particulier celles du mouvement altermondialiste et d’autres structures travaillant dans cette même dynamique. Comme Clarence Dias l’affirme : Ce qu’il nous faut, c’est de la « moncalisation » : une combinaison de mondialisation et de localisation.

 On nous a appris à penser de manière mondiale et à agir de façon locale. Et quand on l’a fait, on a invité la Banque Mondiale et les multinationales chez nous. Il est temps de penser de façon locale et d’agir de façon mondiale pour comprendre l’impact que la mondialisation a sur nous et sur les personnes avec lesquelles nous travaillons. Et d’essayer de traiter cet impact au niveau de la famille, de l’école, de la communauté, du pays, de la région, de la planète. Pour le faire, il faut passer de nouvelles alliances et se fonder sur de nouveaux partenariats.

Quand des individus ou des peuples ne peuvent pas exercer les droits qu’ils comprennent être ou qu’ils croient être les leurs, les militantes et les militants peuvent les aider et les encourager dans leurs démarches judiciaires et administratives ou, lorsqu’il n’existe pas de mécanisme bien établi, par d’autres formes de plaidoyer.

Revendiquer un droit n’est pas seulement affirmé l’appartenance de ce droit à un individu. Cela contribue également à définir le droit et fait avancer l’idée que ce qui a été réclamé n’est pas un privilège, mais un droit. Une approche fondée sur les droits repose sur la conviction que chaque être humain, en vertu de son statut d’être humain, est détenteur de droits. L’existence même d’un droit oblige le gouvernement à le respecter, à le promouvoir, à le protéger et à en permettre l’exercice.

 Le caractère légal et normatif des droits et les obligations gouvernementales qui y sont associées sont fondés sur les textes internationaux, les normes et traités internationaux relatifs aux droits humains, ainsi que sur les dispositions nationales constitutionnelles des droits humains.

Bolivar (cité, en anglais, dans Circle of Rights, 2000[4]) décrit une approche fondée sur les droits de la manière suivante : Qu’est-ce qu’une approche fondée sur les droits veut dire? Tout d’abord, il est important de bien comprendre la différence entre un droit et un besoin. Un droit est quelque chose qui est inhérent à mon statut d’être humain. C’est ce qui me permet de vivre en toute dignité. En outre, un droit peut être exercé face au gouvernement et implique l’obligation pour ce dernier de le respecter.

Un besoin, par contre, est une aspiration qui peut être légitime mais qui n’entraîne pas forcément d’obligation de la part du gouvernement; on ne peut pas faire respecter la satisfaction d’un besoin. Les droits sont associés avec « l’être », alors que les besoins sont associés avec « l’avoir ». En second lieu, une approche fondée sur les droits ne se concentre pas sur la défense ou l’attaque de la forme de gouvernement, sur des déclarations pour ou contre l’inclination politique de la victime (supposée ou réelle) de ceux qui violent les droits humains, mais plutôt sur les droits qui sont eux-mêmes violés et sur l’appareil qui rend ces violations possibles.

Autrement dit, l’approche fondée sur les droits ne peut pas attaquer ou soutenir un type particulier de système politique, même si elle ne peut ignorer son existence comme facteur entravant ou favorisant l’exercice effectif des droits de l’homme. Troisièmement, et en conséquence de ce qui vient d’être dit, un droit est défini sur la base de la dignité, ce qui veut dire sur la base de « l’être », et non de « l’avoir », du programme politique, social et économique d’un parti politique ou d’un gouvernement. Un programme politique peut et devrait être négocié alors que la dignité n’est pas négociable.

 Les programmes politiques sont nécessaires pour respecter les droits humains, mais ils ne peuvent pas les remplacer. Les programmes politiques peuvent être modifiés selon les dynamiques sociales et économiques, et ce qui est important aujourd’hui ne le sera peut-être pas demain. La dignité de l’individu est immuable; elle est la même en tout temps et en tout lieu, et son essence transcende les différences culturelles, religieuse, racial et ethnique.

Pour développer une approche fondée sur les droits, il faut réexaminer notre façon de penser et d’agir face aux problèmes vécus par les personnes et les groupes défavorisés. Il faut aussi améliorer la connaissance des normes internationales des droits humains et la capacité de les appliquer.

Notre ambition est de mettre en œuvre une campagne qui suscite des changements durables en matière de droits humains, en soutenant les défenseurs des droits humains et en travaillant avec eux. Pour y parvenir, nous devons fixer des priorités et renforcer nos efforts relatifs à l'éducation aux droits humains (EDH) ainsi que nos mécanismes de renforcement des capacités, parallèlement à notre travail habituel, pour exiger des changements législatifs et politiques.

Nous devons faire en sorte qu'un plus grand nombre de personnes comprennent qui sont les défenseurs des droits humains et les soutiennent, ainsi que leur travail. Le grand public doit comprendre les répercussions entraînées par la réduction de la liberté d'action de la société civile sur les défenseurs des droits humains et les populations en général. Nous devons travailler avec les DDH eux-mêmes pour qu'ils soient mieux connectés, protégés et reconnus, et qu’ils aient les moyens de travailler dans un environnement plus sûr et favorable.

 

Ces initiatives doivent s’inscrire dans un effort concerté et constant visant à déconstruire les discours négatifs qui diffament, stigmatisent et blessent les défenseurs des droits humains et le travail inestimable qu'ils réalisent. Ces campagnes de diffamation lancées par des acteurs étatiques et non-étatiques créent un environnement dans lequel les droits des défenseurs des droits humains sont violés en toute impunité.

 Nous devons élaborer des récits solides pour réussir à contester, réfuter et éradiquer ces méthodes. En mettant sur le même plan, d'une part, notre travail d'éducation aux Droits humains (d'EDH) et celui visant à éliminer les discours négatifs, et, d'autre part, nos initiatives pour obtenir des changements systémiques sur les plans du droit, des politiques et des cas individuels, nous voulons nous attaquer efficacement et durablement aux efforts des États et d'autres acteurs visant à réduire voire à fermer l'espace accordé aux défenseurs des droits humains dans la société

Yahya SIDIBE

Président SOS TALIBES



[1] Dans la présente stratégie, le masculin est utilisé sans aucune discrimination et dans le seul but d'alléger le texte.

[2] Définition fondée sur la Déclaration sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits de l'homme et les libertés fondamentales universellement reconnus (Déclaration sur les défenseurs des droits de l'homme), disponible sur http://www.ohchr.org/FR/Issues/SRHRDefenders/Pages/Declaration.aspx.

[4] International Human Rights Internship Program and Asian Forum for Human Rights and Development. Circle of Rights – Economic, Social & Cultural Rights Activism: A Training Resource, IHRIP Forum-Asia, 2000.


On dirait que le sénégal marche sur la tête!

Mardi 10 Janvier 2017 - 12:38:3

ON DIRAIT QUE LE SENEGAL MARCHE SUR LA TETE !

ENFANT TALIBE enfermé et attaché à un piquet pendant 15 jours CALCINE dans une pièce au toit de paille à Darou Mousty (Diourbel)!

L’affaire Mouhamet SOUMARE, du nom de ce maître coranique arrêté à Darou Mousty pour avoir attaché les pieds de son talibé, qui a fini par le Tribunal de grande instance de Louga.

Le maître coranique Mouhamet Soumaré a rejoint la citadelle du silence pour longtemps. Arrêté à Darou Mousty (Diourbel) et placé en détention lundi dernier, il a été reconnu coupable des faits d’homicide involontaire pour lequel il était poursuivi. En effet, Mouhamet Soumaré avait enfermé et attaché un de ses disciples (talibé) à un piquet, pendant 15 jours, dans une pièce au toit de paille. Ce dernier succombera à un incendie qui s’est déclaré le 30 décembre dernier et a fait tomber le toit sur l’enfant qui meurt, calciné. Placé sous mandat de dépôt à Diourbel, le maître coranique a été condamné hier à 3 ans de prison ferme, par le tribunal de grande instance de LOUGA.

La séparation des enfants de leurs parents

Le phénomène de séparation des enfants de leurs parents biologiques est un problème chronique de vulnérabilité au Sénégal. D’après l’EDS-MICS, 15% des enfants de moins de 18 ans vivent séparés de leurs deux parents biologiques. Cette séparation peut prendre diverses formes dont le confiage à un maîtres Coranique. La problématique des écoles coraniques traditionnelles (daaras) et la mendicité des enfants talibés relèvent à la fois des gaps en matière d’éducation et de protection.

Les enfants enrôlés dans les écoles coraniques traditionnelles (daaras) font partie des 750.000 enfants en dehors de l’école formelles. Les enfants talibés mendiants et pensionnaires des  écoles coraniques traditionnelles (daaras) sont considérés comme enfants séparés de leurs parents et victimes d’un des pires formes  de travail des enfants. La pratique sociale de confiage fortement ancré au Sénégal, avec des avantages et des inconvénients notamment en termes de risques d’abus et d’exploitation de l’enfant confié, n’est pas encore réglementée par le droit interne sénégalais.

 Les droits et la protection de l’enfant doivent également être garantis dans le cadre de la protection de remplacement. L’humanité doit donner à l’enfant ce qu’elle a de meilleur. Déclaration des droits de l’enfant de Genève 1924). Les autorités étatiques sénégalaises n’arrivent toujours pas à donner à cette catégorie de l’enfant ce qu’il a de meilleur.

 

 

 


La Société Civille: reste-t-il un corps politique

Vendredi 9 Septembre 2016 - 18:1:32

La société civile : reste-t-il un corps politique qui ne fait pas de politique ?

La notion de société civile remonte à Aristote. Elle est reprise au cours du siècle des Lumières (au 17 ème et 18 ème siècle) à travers John Locke et Charles Montesquieu. Les difficultés à fixer les contours apparaissent certes, mais du moins mettent-ils déjà en évidence à leur époque la coexistence de deux sphères à différencier : celle de la politique d’une part et celle de la société citoyenne (assimilable à la société civile d’autre part).

Notion devenue omniprésente à notre temps, le retour de la société civile est historiquement lié aux mouvements de dissidents de l’Europe de l’EST dès la fin des années 70. Vaclav HAVEL dans son ouvrage »le pouvoir des sans-pouvoir » exalte le réveil de la société civile : dans les sociétés post totalitaires nées de l’effondrement du communisme. Il faudra, dit-il, que surgissent de nouvelles structures, des associations civiques et citoyennes qui favoriseront la transition démocratique.

Dans un contexte de méfiance à l’égard de l’Etat et des grandes idéologies globalisantes, beaucoup d’occidentaux placent de grands espoirs dans ces associations volontaires, vouées à la résolution de problèmes concrets, centrées renforcer le lien social et, par la délibération dans l’espace public, concrétiser un engagement en faveur des valeurs acceptées ou souhaitées par tous.

Ce détour historique étant, quelle serait la définition la plus acceptable que l’on pourrait retenir de la  société civile ? Bien qu’entachée de beaucoup d’ambiguïtés, la société civile peut être considérée comme étant » le domaine de la vie sociale civile organisée qui est volontaire, largement autosuffisant et autonome de l’Etat ». Dans la pratique, la catégorie »société civile » regroupe un ensemble d’organisations entretenant plusieurs formes de rapports avec leurs membres mais aussi avec l’espace public, les autres associations, les médias… et, bien entendu l’Etat et la classe politique.

Les organisations de défenses des Droits humains telle qu’Amnesty International, SOS talibés, la RADDHO … répondent à cette définition. Si l’on admet qu’une élection est un des événements principaux où la société civile se trouve mobilisée, « notamment à travers l’éducation de l’électorat », il n’en demeure pas moins que depuis le siècle des Lumières, le risque d’éviter tout amalgame est déjà mis en évidence. « C’est le corps social, par opposition », indique-t-on.

Bien que difficile à cerner de manière tranchée, on peut considérer la société civile comme un domaine au sein de la société qui se situe entre les sphères étatiques, économique et privée.  A ce titre, on peut dire qu’il existe plusieurs sociétés civiles selon les intérêts communs que l’on peut avoir à défendre. Le concept de société civile sert d’appel politique en visant plus de démocratie. A ce titre, l’on admet la corrélation existant entre société civile et démocratisation de la société. Son rôle dans le processus de développement et dans le contexte de la bonne gouvernance n’est pas à oublier.

 Il est reconnu aux acteurs de la société civile d’être impliqués dans la politique sans pour autant viser des fonctions étatiques, « encore moins faire ou poser des actes en lieu et place des acteurs politiques ».

L’orthodoxie en la matière leur recommande de garder une position indépendante. La société civile : reste un corps politique qui ne fait pas de politique. Dans les vertus qu’on prête à la société civile, on lui reconnait d’être un contre-pouvoir susceptible de contrôler les excès du pouvoir. Elle est diverse et représentative, contrairement aux gouvernants et élus qui tendent à se recruter dans les mêmes milieux et à partager la même vision.

Elle (la société civile) permet l’émergence de nouvelles élites-et celui vaut particulièrement dans les pays en voie de développement. Surveiller, alerter, agir et dénoncer les dérives autoritaires, les scandales, les risques écologiques, les conflits  armés, ou autres ainsi qu’apaiser le débat et inciter les citoyens à participer à la vie publique de matière inclusive et participative, leur rendre confiance dans la démocratie est également de son ressort.

De ce point de vue, voir par exemple Amnesty International, SOS Talibés, la RADDHO, sensibiliser les populations d’une ville, d’un département, d’un quartier ou village pour qu’elles exercent des pressions ou lobbying sur le gouvernement afin d’arrêter un projet susceptible d’altérer leur environnement de vie, ou qu’elles prennent part à la résolution pacifique d’un conflit (exemple du conflit casamançais) ou prévenir une catastrophe  est un acte propre à la société civile. Appeler à une bonne gouvernance dans la gestion de la « Res Pubica ou  la chose publique » ou l’alternance politique est aussi du domaine de la société civile.

A l’inverse, comme un thuriféraire, s’exhiber sur un plateau de télévision et débiter les sonnettes d’avoir constitué une armée avec un général pour se lancer à l’assaut du pouvoir avant d’en partager la gâteau, ne répond pas au critère ONG ou Association qui a une certaine assise internationale et une certaine importance et qui répond à quelques critères plus précis comme sa constitution sur initiative privée et volontaire, être à vocation non lucrative et politiquement indépendante en plus de rechercher un intérêt public en ce sens l’ONG participe à la dérive autoritaire.

Les ONG de défense des Droits humains sont par excellence productrices d’influence ; elles cherchent la réalisation concrète d’une valeur qu’elles défendent, qu’il s’agisse des Droits humains en général, de la protection d’une espèce animale, de la lutte contre un péril précis ou de l’abaissement dans les débats etc. Souvent l’ONG se réfère à la notion d’urgence une catastrophe, un scandale, une population ou une espèce en danger, une atteinte aux Droits humains etc. Et qui justifie que des citoyens interviennent que ce soit pour transporter un dispensaire sur place ou pour interpeller un gouvernement corrompu ou criminel.

 Les ONG ou Associations ne demandent pas à exercer un pouvoir direct de commandement (contrairement aux partis politiques qui cherchent à conquérir l’Etat, par exemple), ni un pouvoir économique : elles ne peuvent obtenir de résultats concrets-car elles visent à des changements effectifs et non à la diffusion d’une philosophie- qu’en agissant sur la volonté d’autrui.

Cet autrui, ce peut être le public en général que les ONG de défense des Droits humains convainquent de militer, de soutenir une campagne, une revendication, de s’indigner de telle ou telle action d’un gouvernement, d’une organisation, d’une entreprise. En outre, les ONG de défense des Droits humains agissent de plus en plus sur les détenteurs du pourvoir. Elles exercent une véritable emprise sur eux, notamment à travers les médias.  Ayant la capacité de juger leurs actes ou de leur inspirer leurs fins, elles mènent une stratégie indirecte où se mêle pression morale, séduction, négociation… mais aussi proposition et inspiration.

Aussi, il arrive même que les ONG soient à l’origine de grande règle appliquées par les autorités institutionnelles (comme le principe de précaution, le droit d’ingérence ou le développement durable). Parfois elles sont à l’origine des institutions elles-mêmes, comme le Tribunal Pénal international, aujourd’hui la cour pénale internationale (CPI).

Il ne faut pas non plus occulter leur capacité d’intervention directe dans les affaires politique, »en particulier lors des grands sauvetages humanitaires ». Non seulement les ONG manifestent très matériellement leur volonté de mettre en œuvre les valeurs dont elles se réclament (elles construisent des hôpitaux, souvent des vies, distribuent de la nourriture), mais elles concurrencent les institutions souvent qu’elles critiquent par ailleurs.

Ce message est d’autant mieux relayé par les médias qu’il est à la fois spectaculaire (on voit le bien et action) et moral (soutenir les ONG, c’est choisir le camp du bien, sans risque de devoir soutenir un pouvoir et donc sans avoir à se compromettre avec une forme quelconque de puissance ou de contrainte). Règle centrale et fondamentale dans le bréviaire d’une ONG.

Vous pouvez lire cet article dans le quotidien d'informations

générale  LA TRIBUNE du Mardi 04 Octobre 2016 N°1486

                                                                                                                                                 Yahya    

                                                                                         SIDIBE


Phénomène des Daaras au sénégal

Lundi 15 Aout 2016 - 17:14:13

Le Phénomène des Daaras au sénégal

Le phénomène des écoles Coraniques n’est pas nouveau en milieu musulman sénégalais. Ce sont ces institutions qui prenaient en charge et qui continuent de le faire, l’éducation religieuse des enfants. Au cours de son séjour de plusieurs années dans une école Coranique, en plus du Coran et de la Souna, l’enfant apprend certaines vertus de la vie en communauté notamment, la courtoisie, la solidarité, l’endurance, le goût du travail, la persévérance, etc.

Jadis, phénomène marginal tel qu’il existe maintenant, il est entrain de prendre en milieu urbain des proportions démesurées. Cela s’explique en grande partie par l’existence d’une présence massive des enfants dans la rue sollicitant de l’aumône mais aussi, par l’exode rural du fait des conditions de vie rudes dans les campagnes. Il s’y ajoute la migration transnationale alimentée par les pays limitrophes du Sénégal que sont : la Mauritanie, le Mali, la Guinée Bissau, la Gambie, et la Guinée Conakry. Le projet est à situer dans plusieurs contextes, chacun justifiant cette démarche.

·                Un contexte  historique et géographique :

L’école Coranique »Daara » existait au Sénégal depuis le 11ème Siècle bien avant la colonisation française et avait remporté un vif succès auprès de la population. Concernant l’instruction des souverains, au 16ème siècle, l’école Coranique était indépendante de la mosquée et avait pour rôle d’apprendre à lire et écrire sous la direction du maître Coranique.


Les écoles Coraniques, qui s’étaient multipliées au Sénégal, au fil des siècles, ont eu une clientèle nombreuse de la plupart des régions du pays non seulement parce qu’elles formaient à la lecture et à l’écriture, préparaient à une promotion sociale par l’accès à la connaissance. Pendant la colonisation, si l’on peut parler dévolution de l’enseignement du coran au Sénégal, d’un point de vue historique, il est nécessaire de s’attarder sur une période spécifique qui est celle de la colonisation française. Durant cette période, les écoles coraniques représentent semble-t-il une menace ou un frein pour l’essor de la langue de domination française.


Certains auteurs décrivent même une lutte entre l’Etat français et la voie de transmission de l’Islam. L’école coranique représentait une « entrave à l’expansion de la langue française, instrument privilégié de la domination coloniale » En effet, dès 1896, est promulgué un arrêté du gouverneur de la colonie du Sénégal, qui stipule dans son article 8 ; l’interdiction formelle aux maîtres Coraniques d’utiliser leurs élèves pour quêter dans la rue.


En 1977, un autre texte (article 45 du code pénal) interdisant la mendicité a été adopté avec cependant des clases dérogatoires liées aux normes religieuses et coutumières qui sont au fondement de la mendicité. Les réactions des autorités religieuses et gouvernementales n’ont pas permis d’inverser la tendance d’un phénomène qui perdure dans le temps. À Dakar, où la situation de pauvreté est particulièrement frappante du fait du nombre important des écoles Coraniques (daaras) pauvres et par conséquent, de talibés dans la rue. Mais aussi une situation contrastée avec des daaras « privées », où le coût de la scolarité est élevé.


·         Un contexte culturel :

Le Sénégal connaît des pratiques et traditions séculaires, liées tant à la religion qu’à des coutumes, qui, bien qu’ayants des conséquences immédiates sur le statut  et les droits des personnes, n’ont malheureusement pu trouver aucun reflet dans le système juridique sénégalais.

Ainsi, le pays connaît-il une série de comportements socioculturels très répandus qui se situent dans le secteur dénommé « informel », dépourvus de toute forme de contrôle par les services de l’Etat. De telle pratiques qui trouvaient originairement dans leur conteste socioculturel des formes de contrôle propres aux sociétés solidaires, sont désormais privées de toute forme d’équilibrage. En effet, ni la structure sociale, désormais éclatée, ni l’Etat ne sont en mesure d’accompagner de telles pratiques et d’éviter les éventuels abus.

 On peut citer à titre d’exemple, la pratique du confiage, qui transfère une partie de la responsabilité parentale à une tierce personne ; les conditions de l’éducation Coranique, que tout musulman doit recevoir mais dont l’organisation échappe complètement au contrôle de l’Etat; le travail des mineurs, qui traditionnellement représente un moyen de survie pour les familles et qui relève évidemment de l’informel; l’apprentissage en est un autre exemple. Le placement traditionnel a subi une mutation et intervient dorénavant dans un espace social où les liens entre les parents et le récipiendaire sont de plus en plus lâches et se monétisent dans la poursuite d’objectifs économique.

Les pratiques traditionnelles de migration et de placement des enfants auprès de membres de la famille élargie ne sont pas à condamner en tant que tel, bien au contraire, elles sont pour des milliers de jeunes garçons, une ouverture vers un avenir meilleur. Par conséquent, il est indispensable de faire la différence entre les enfants placés dans le cadre de cette coutume et les enfants victimes de traite et d’exploitations. D’autre part, coexiste un système d’enseignement formel et un système d’enseignement non formel.

 Au Cours de la dernière décennie, le Sénégal a connu une expansion de l’enseignement non formel, et principalement des écoles Coraniques communément appelées « daaras en Ouolof». Les écoles Coraniques sont le type d’établissement à caractère religieux le plus répandu au Sénégal. L’objectif premier des écoles Coraniques est l’apprentissage du Coran qui doit être mémorisé en arabe. Or, l’enseignement non formel dans les écoles Coraniques traditionnelles, est le seul qui soit encore non réglementé, et qui dans certains cas ne permet plus la vigilance et le contrôle de la communauté d’origine.

 Le type d’école Coranique traditionnelle qui est facteur de vulnérabilité des enfants, car il ne subit plus aucun contrôle, ni religieux, ni étatique, ni par les communautés, est l’école Coranique traditionnelle urbain d’origine rurale. En effet, traditionnellement, les écoles Coraniques traditionnelles étaient implantées en zones rurales et dans les quartiers urbains.


Les familles, la communauté exerçaient «un contrôle, un droit de regard sur les enfants et l’enseignant». Depuis la crise du secteur agricole, les maîtres Coraniques ont emmené leurs talibés dans les centres urbains (essentiellement vers Dakar, Saint-Louis, Kaolack, Mbour, Ziguinchor, Diourbel, Louga, Kolda, Thiès et alors leurs familles sont restées dans leurs milieux d’origine. Ainsi, les enfants se retrouvent en dehors des systèmes formels et informels de protection.


Le défaut de réglementation encadrant ce type d’enseignement et fixant les devoirs de chacun explique le défaut de subventions de l’Etat. Malgré une prise de conscience au plus haut niveau et la volonté répété des maîtres Coraniques, la tenue d’assises nationales sur la mendicité a maintes fois été repoussée à une date encore inconnue pourquoi ?


C’est un phénomène qui jouit d’une protection socio-culturelle qui rendait toute mesure uniquement légale difficilement opérante. Il se nourrit de plusieurs facteur la confusion entre enfant dans la rue et talibé ; la sensibilité religieuse liée à la mendicité et à tout ce qui touche à la daara. C’est cela qui sans doute les carences notées dans l’application textes concernant la protection des enfants vulnérables.


Mais il n’est guère possible de s’en tenir à ce constat fataliste et de considérer que le problème des enfants talibés ne pourra jamais être résolu. Une telle attitude serait le meilleur moyen d’encourager le phénomène qui prend chaque jour une plus grande ampleur en raison de la pauvreté persistante et des opportunités de revenus qu’offre la mendicité. A cet effet, la solution la plus adéquate et la plus durable pour lutter contre ce phénomène devrait s’appuyer sur ce levier socio-culturel pour éviter d’entretenir l’image d’une puissance publique qui ne se soucie guère de la protection des enfants vulnérables, en mettant en place une stratégie d’action à plusieurs volets.


·                Un contexte juridique et économique:

 La récente loi du 29 avril 2005, promulguée par le gouvernement du président d’Abdoulaye Wade, à défaut d’avoir résolu le problème de la mendicité, a pris acte de la situation et a donc interdit la mendicité forcée à des fins autres que religieuses. L’actualité de la problématique des écoles Coraniques dans les grandes villes, mobilise beaucoup d’acteurs qui œuvrent en faveur des droits de l’homme en général de l’enfant en particulier.


Cet engouement révèle l’ampleur de la  situation et pose en même temps, le problème du respect des droits de l’enfant. En effet, au cours des deux dernières décennies, le Sénégal est caractérisé par de fortes mutations sociopolitiques et une économie aux résultats inégalement redistribués. Dès lors, le contexte devient difficile et les conséquences se ressentent plus au niveau des couches les plus vulnérables notamment les enfants.


Cette situation reflet d’une quasi indifférence vis-à-vis des droits de ces derniers, suscite beaucoup d’intérêt de la part des institutions de l’Etat, des organisations internationales et celles de la société civile (OCB, ONG, Association). Ainsi, en plus des individus de bonne volonté, plusieurs organisations s’évertuent à apporter un appui et un accompagnement aux enfants dans les écoles Coraniques appelées daaras.


Parallèlement à ces actions, des études sont menées. Mais, à part le mérite d’avoir osé investir un domaine aussi sensible, elles n’ont pas encore apporté assez d’éclairage pouvant permettre d’aller dans le sens de l’amélioration des conditions de vie et d’apprentissage des enfants dans les écoles Coraniques. L’appellation »talibé» ou élève d’une école Coranique est devenue chargée et est considérée comme synonyme » d’enfant mendiant».


Les approches directives jusque-là mises en œuvre dans les projets par les experts sont caractérisées par la faiblesse des impacts, l’inexistence d’action de prévention dans les localités de provenance et surtout l’insuffisance de la concertation entre les acteurs à tous les niveaux. Voilà quelques situations qui peuvent entraver l’efficacité des acteurs. Cela atteste de la faiblesse des approches et des connaissances sur le phénomène.


Ce qui influence dans une large mesure la pertinence et le choix des actions de terrain; d’où la nécessité d’approfondir la réflexion de manière participative. Les daaras posent un problème d’éducation ; bien que l’Etat consacre 40% de son budget à l’éducation, la prolifération des enfants mendiants amène à questionner l’utilisation de ce budget et de cette manne. L’Etat semble réagir plus qu’agir. Ce qui en soi est déjà une grande avancée: de plus en plus de sanctions  sont prises par l’Etat à l’encontre des marabouts, des sanctions fermes qui amèneront à un changement des mentalités.


·                Un contexte médiatique :

La couverture médiatique des talibés au Sénégal, du moins celle des médias occidentaux, est inversement proportionnelle à leur visibilité. Très peu de reportages ont été faits sur cette question. Le cas échéant, ils sont accablants car ils ne montrent que des situations de détresse, et stigmatisant car ne pointant qu’une des réalités qu’impliquent les daaras au Sénégal, en l’occurrence les marabouts, voire les enfants eux-mêmes.

 À l’image du documentaire « Les enfants perdus de Mbour», de Daniel Grand clément diffusé sur Thalassa le 17 février 2009, puis repris par TV5 donc diffusé au Sénégal. L’impact a été énorme sur place, et les marabouts ou maîtres Coraniques se méfient désormais excessivement des médias.


Yahya SIDIBE
Président SOS TALIBES

Les conditions de vie d'un enfant talibé

Mardi 26 Avril 2016 - 18:12:8

Les conditions de vie d’un talibé

Les conditions de vie des talibés ne sont pas la conséquence de l’indépendance mais «le produit de toute une évolution historique» pour Me Abdoulaye Wade qui estime qu’il ne peut pas «d’un trait de plume supprimer tout cela».


Nouvelle digression présidentielle hier à l’ouverture du 53ème congrès de l’Union internationale des magistrats (Uim) au Méridien président. Devant un parterre de magistrats, Me Abdoulaye Wade s’est laissé aller sur la question des talibés, en réponse aux critiques de certains partenaires, notamment les Américains. C’est pour soutenir qu’il ne peut pas d’un trait éradiquer la maltraitance de ces enfants et que ces sévices ne datent de l’ère post-indépendante.
Me Wade trouve «un peu abrupte l’appréciation» des bailleurs de fonds, «le plus souvent les Américains plus que les Français qui comprennent mieux les réalités nationales sur le traitement des personnes et (notamment) le cas des talibés». Prenant son cas, il déclare : «Moi j’ai été talibé et je n’ai jamais été maltraité comme on le dit ; et cela ne m’a pas empêché d’être président de la République. Le talibé n’est qu’un élève, c’est un apprenant avec un maître. Que maintenant certains maîtres fassent de mauvais traitements sur des enfants, cela est vrai. Nous, de notre temps, on nous tapait sur les doigts. Maintenant, ce n’est plus possible parce que les parents vous amènent au tribunal. Mais un petit peu avant, c’était des traitements corporels, même dans les écoles».
Ce qui lui fait dire que le phénomène de la maltraitance des enfants talibés, «on ne le nie pas». Et il pense aussi que ce n’est pas «lié à l’état d’apprenant en coran ou en arabe». «Je crois, ajoute le président, que cela relève surtout d’une certaine mentalité de certains maîtres qui n’ont jamais appris la pédagogie. Certains maîtres coraniques ne trouvent pas d’autres méthodes de faire apprendre que de frapper les enfants et de leur infliger de mauvais traitements». Selon Wade, cela n’est pas lié à l’état d’«indépendance» de notre pays. «Cela a toujours existé. Alors, nous reprocher que cela existe, ce n’est pas juste et nous ne pouvons pas d’un trait de plume supprimer tout cela». Poursuivant, il tonne : «En tout cas, je ne le peux pas. Qu’on ne me l’exige pas, c’est le produit de toute une évolution historique. Qu’on me demande de faire des progrès dans ce sens, c’est ce que nous sommes en train de faire». Wade reste convaincu «qu’il faut apprécier les progrès. Tel pays a fait des progrès, c’est ça l’important. Mais tant de talibés ici, y en a pas en Patagonie, c’est absurde tout simplement».
Rappelant le cas des marabouts condamnés pour mauvais traitements, le président Wade de dire : «Les talibés, c’est un phénomène social. Dans quel pays peut-on supprimer un phénomène social avec une baguette magique, ou par l’Exécutif ou simplement par la volonté de l’Exécutif ? Moi, je n’en connais pas».


LE MAITRE CORANIQUE CONDAMNE A DEUX ANS DE PRISON

Vendredi 25 Mars 2016 - 15:54:4

Le maître Coranique condamné à deux ans de prison ferme.

Le jeune maître coranique, Mouhamadou Moctar  , a été condamné hier à 2 ans de prison ferme par le tribunal d’instance de Louga. La juridiction qui avait enrôlé l’affaire le 08 mars dernier, l’a vidé hier. Le sieur  M.M. Lô était poursuivi pour « coups et blessures volontaires » sur un enfant mineur de moins de 15 ans. Le parquet avait requis une peine de 2 ans, dont 2 mois ferme. Le verdict rendu hier, par le juge FALL Ababacar SY est tombé comme un couperet sur la tête du jeune maître Coranique il a été condamné à une peine de 2 ans fermes. Il était poursuivi d’avoir sauvagement tabassé Cheikh AW son élève (talibé) âgé de 9 ans. Très mal-en-point, l’enfant talibé présentait des lésions à divers endroits de son corps, a été évacué à l’hôpital régional Amadou Sakhir MBAYE. Ainsi, un jour après son hospitalisation, le jeune talibé succombe à ses blessures. Alors, le médecin traitant qui a remarqué que le corps du défunt présentait des signes de torture, a dressé dans un certificat de décès, dans lequel il fait état d’un « obstacle médico-légal ». Ce qui laisse supposer aisément que la mort de l’enfant talibé est suspecte. Avisé, le commissariat urbain de Louga, pour tirer au clair cette affaire, a requis le médecin légiste, Dr Ibrahima DIABATE, pour une autopsie. Dans son rapport, l’homme de l’art renseigne que l’enfant talibé Cheikh AW est atteint d’un syndrome infectieux généralisé, avec une anémie sévère sur fond de maltraitance. Munis de cette information, les hommes du commissaire Waly CAMARA ont approfondi leur enquête, en auditionnant les autres pensionnaires de l’école Coranique. Ces derniers, comme s’ils se sont passé le mot, ont tous avoué que leur maître Coranique les battait de manière régulière avec un câble de couleur noir. D’ailleurs, l’un d’eux a fugué pour retourner chez ses parents, car ne supportant plus les sévices corporels qu’il subissait. Devant la gravité de l’accusation portée contre le sieur Lô, les policiers qui ont retrouvé le câble évoqué par les enfants dans la chambre de leur maître Coranique, à la suite d’une perquisition, l’ont arrêté avant de le déférer au parquet, au terme de la durée légale de sa garde à vue. Attrait devant la barre du tribunal d’instance de Louga, le mardi 08 mars 2016, le prévenu M.M. Lô a certainement été pris au dépourvu par le médecin légiste, Ibrahima DIABATE, qui a fait défiler sur son téléphone portable des planches photographiques où apparaissent sur le corps du défunt talibé, « des lésions longilignes au niveau des fesses, de la cuisse, d’après lui, seraient causées par un objet »contondant et uniforme ». Très prudent, Dr DAIBATE, qui est d’avis que ces traces pourraient être occasionnées par un châtiment corporel, n’a cependant pas attesté que la mort de l’enfant talibé est due aux lisions multiples constatées sur son corps. « Il faillait procéder à des analyses pour déterminer les vraies causes de la mort de l’enfant talibé et cela n’a pas été fait », clarifie Dr DIABATE. Les témoignages des deux pensionnaires du « daara » n’ont pas été non plus favorables au prévenu.

 Ils ont tous avoué que le sieur M.M. Lô leur maître les tabassait sauvagement quand ils ne maîtrisaient pas leur leçon. Interrogé, le prévenu avait nié les faits, soutenant qu’il frappait ses talibés avec une tige s’ils commettaient une bévue. Toutefois, il a relevé que le défunt  souffrait d’une maladie qu’il avait contractée avant sa venue à son daara à Louga. Le parquet avait requis une peine de 2 ans, dont 2 mois ferme. Le tribunal d’instance de Louga qui avait mis cette affaire en délibéré, l’a finalement vidé hier. Il a été reconnu coupable de coups et blessures volontaire, de violence et voie de fait, il a été condamné à une peine de 2 ans fermes.

Source : L’Obs du 23/03/2

Arrestation d'un maître Coranique à Diourbel pour

Mercredi 16 Mars 2016 - 15:27:25


Diourbel : arrestation d’un marabout pour actes de torture.

Oumar SYLLA maître Coranique enchaînait ses enfants talibés dans son daara.

A quand la fin des sévices, torture et autres châtiments corporel infligés aux enfants talibés ?

A Diourbel, un maître Coranique Oumar SYLLA a usé de cette méthode pour » corriger » ses enfants talibés. Il a été arrêté hier par la police. Le commissaire Bissirou SARR et ses hommes ont découvert ces pratiques suite à une saisine d’une personne qui  avait pu récupérer sur la route un enfant talibé avec ses chaînes. Il l’a déposé au commissariat urbain de Diourbel. Cuisiné, l’enfant talibé informera que 19 autres personnes étaient dans cette situation. Sur ces entrefaites, les limiers se sont déportés au quartier keur Goumack oû est implanté le daara sérigne Malick GAYE pour procéder à l'interpellation de Oumar SYLLA. Ils sont 20 enfants talibés l’âge varie entre 6 et 14 ans à avoir subi ces « traitement inhumains et dégradants ». L’image de ces enfants, massés renvoies à l’esclavage où les déportés étaient enchaînés au fer. « Outre l’enchaînement au fer, ces enfants ont subi des sévices corporels au dos et sur tout le corps », renseigne le commissaire SARR qui a procédé à l’interpellation de Oumar SYLLA ainsi que deux menuisiers  qui ont fabriqué les barres de fer ayant permis de commettre ces sales pratiques.  Après son interpellation, c’est le ballet des médiateurs pour faire libérer Oumar SYLLA. A l’image de ses collègues, des talibés de Keur Goumack, des notables et le délégué de quartier ont pris d’assaut le commissariat Urbain de Diourbel. Sur place, ils ont entonné des xassaîdes pour implorer sa libération. Mouhamadou Lamine GAYE, salue curieusement les qualités d’Oumar SYLLA : «  ce marabout est une personne très intègre, un éducateur hors pair. Jamais, il n’a voulu faire du mal à ces enfants talibés. C’est une coutume et une tradition de procéder de cette manière si on veut que ces enfants talibés ne sortent pas du droit chemin parce que nous ne voulons pas à l’avenir qu’ils deviennent des bandits et autres hors-la-loi. Nous formons des citoyens honnêtes cause pour laquelle, nous procédons de cette manière. Si Oumar SYLLA n’est pas libéré, les conséquences peuvent être lourdes. » Alors que sérigne Fallou GUEYE, a condamné l’interpellation de Oumar SYLLA au nom des maîtres Coraniques.

Source journal Le quotidien du 18 Février 2016 N° 3909


Un enfant talibé victime d'un accident de circulat

Mercredi 16 Mars 2016 - 14:3:49

A Koungheul région de Fatick, un enfant talibé âgé de 12 ans a été fauché par un camion.

Les faits se sont passés à Koungheul Socé où un talibé âgé de 12 ans, a été fauché par un camion qui roulait à vive allure. Souleymane Dème jouait au football avec ses camarades. Les mômes qui jouaient au football, ont voulu récupérer leur ballon qui s’était retrouvé de l’autre côté de la piste. Alors, le petit Souleymane Dème s’est porté volontaire pour aller chercher la balle.

Mais il n’imaginait nullement, qu’un camion sans frein, immatriculé KL 1908, roulant à vive allure, allait le heurter violemment. Admis aux urgences de l’hôpital Ibrahima Niass de Kaolack, l’enfant de 12 ans sera finalement amputé d’une jambe. Dans son lit d’hôpital, il lutte contre la mort, rapporte le correspondant du quotidien L’Observateur. Le chauffard, ibrahima Sylla quant à lui, a été arrêté, placé en garde à vue à la gendarmerie de Koungheul et déféré ce mercredi au parquet de Kaolack.


ENLEVEMENT D'UN ENFANT TALIBES A LA VDN A DAKAR

Mercredi 16 Mars 2016 - 12:21:36

Enlèvement d'un enfant talibé à la VDN à DAKAR

Nous avons été joint par une femme qui nous a signalé un enlèvement d'un jeune " talibé " qui s'est fait enlever hier soir sur la VDN.
Selon notre interlocutrice, témoin de la scène, " Hier soir en compagnie de ma mère et de mon oncle nous avons assisté à un enlèvement sur la VDN, juste sous l'immeuble Mariama. Deux ou trois hommes à bord d'un pick-up blanc GreatWall immatriculé DK-3451-AP Wingle 5 ont enlevé un talibé. Les hommes l'ont fait entrer dans la voiture de force en le frappant. Il était 20:50 et ils l'ont embarqué avant de partir. Ayant peur d'être suivis ou agressés nous n'avons pas réagi à part les suivre pour récupérer le numéro de la plaque et la marque de la voiture puis nous sommes directement allés à la gendarmerie de Ouakam pour signaler le fait. Depuis, on est en contact avec les gendarmes qui mènent une enquête depuis hier soir et tentent de retrouver ce jeune talibé. Je voudrais aussi lancer un appel pour dire aux familles de veiller sur leurs enfants qui traînent dans la rue car ce n'est plus sûr. Et aux maîtres coraniques de veiller sur les enfants qu'on leur confie..."
L'enfant talibé enlevé a été retrouvé saint et sauf.

EXploitation Aurifere à Kédougou/ Sénégal

Lundi 7 Decembre 2015 - 15:2:45

EXPLOITATION AURIFERE A KEDOUGOU/ SENEGAL

Cas de kharakhéné dans le département de Saraya.

1-L’orpaillage traditionnel en débat : une activité illégale ou légitime ?

2-L’exploitation artisanale : espace professionnels, Statuts et procédés

Le débat sur l’orpaillage traditionnel s’articule généralement autour de sa conformité avec un certain nombre de textes et d’instruments légaux et juridiques, tant au niveau national qu’au niveau communautaire  de l’UEMOA. De manière générale, ce débat autour de l’illégalité ou de la légitimité de l’orpaillage traditionnel est sous-tendu par plusieurs faits et constats : Tout d’abord, toute exploitation, qu’elle soit artisanale, semi-mécanisée ou industrielle doit être légalement soumise à une autorisation préalable des autorités administratives et gouvernementales compétentes ; L’orpaillage reste néanmoins une activité traditionnelle et ancienne, et constitue un moyen de subsistance pour des milliers d’individus et de ménages dans la région de Kédougou. La quasi-totalité des activités liées à l’orpaillage traditionnel dans la zone est pratiquée de manière informelle, donc illégale, par des individus ou des groupes. A partir des constats ci-dessus, se dégagent et se confrontent deux logiques d’analyse ou de jugement que sont la légalité de ces pratiques ou, au contraire,  leur légitimité.  En outre, on relève des préoccupations relatives  aux conséquences sanitaires et écologiques (ou environnementales). Je m’en arrête là  mais on peut voir aussi analyser le cadre juridique et légal par exemple : le Code minier, le Code forestier, le Code de l’environnement, le Code du travail etc.

Ø  L’exploitation artisanale : espaces professionnels, statuts et procédés

L’exploitation artisanale de l’or, désignée également par le terme d’orpaillage traditionnel, s’organise essentiellement autour de sites miniers artisanaux et précaires communément appelés diouras en malinké. Ces sites d’orpaillage, loin d’être des zones d’anarchie, fonctionnent sur la base de règles  établies au sein même des communautés d’orpailleurs. Par ailleurs, ils donnent naissance à de nouveaux statuts socioprofessionnels, qui remodèlent l’organisation sociale villageoise ainsi que les pouvoirs locaux.

Ø  Le dioura et son mode de fonctionnement

Le dioura demeure avant tout un espace cosmopolite et multi-professionnel, où les orpailleurs de toutes spécialité côtoient des vendeurs de nourritures surtout et des artisans tels les forgerons. La procédure d’obtention d’une mine consiste à réserver un emplacement, puis à procéder à sa certification (orale) par un agent de sécurité du site (appelé tomboulouma). Le spécifique du tomboulouma consiste à surveiller les mines artisanales ou trou miniers (appelé daman), à assister au partage des pierres, à faire respecter les distances réglementaires entre les damans, à trancher certains différends nés dans le dioura ou dans le village et à infliger des amendes et sanctions financières dans les cas de transgression de certaines règles. L’accès au site par les orpailleurs est réglementé et fortement assujetti aux jours et aux horaires de travail arrêtés par les autorités du village et du site minier, soit de six heures du matin à dix-heures en général.

 Les lundis et les vendredis correspondent aux jours de fermeture du dioura. De ce fait, toute activité d’orpaillage ou professionnelle y est interdite en dehors des jours et des horaires de travail. L’accès au site d’orpaillage dans le cadre de visite est toutefois possible en dehors des périodes d’ouverture habituelle, mais nécessite l’autorisation d’une autorité du village (comme le chef du village) ou du dioura, ou encore l’autorisation des gardiens.  Le village est placé sous la responsabilité du chef de village (appelé Loutigui). Il existe entre le dioura et le village une relation ombilicale, à l’instar de celle unissant la mère à l’enfant.

Ø  Les diourakountigui, responsables et protection du site

L’organisation du dioura est sous la responsabilité du chef de site (diourakountigo en malinké en bambara on les appelle diourakuntigui), qui est une fonction paire. Il existe ainsi un chef de site homme et un chef de site femme. Cette forme de parité dans la direction du dioura, si elle manifeste une prise en compte du genre dans l’organisation du dioura, relève moins cependant des préoccupations institutionnelles à la mode visant l’institutionnalisation du genre. Elle résulte davantage d’une approche pragmatique du fonctionnement du dioura et prenant en compte la composition de celui-ci, mais aussi des réalités socioculturelles locales. De ce fait, la prise en compte du genre dans l’institution de ce nouveau statut socioprofessionnel est à la fois contextuelle et contingente.

                Le chef du site d’orpaillage est chargé de veiller au bon fonctionnement du site. Ce fonctionnement s’entend aussi bien du point de vue de la gestion  des hommes et du respect des règles propres au site d’orpaillage que du point de vue mystico-ésotérique. Le chef du site d’orpaillage ordonne et veille à la bonne exécution de tous les sacrifices nécessaires au fonctionnement et à la prospérité du dioura. Il peut solliciter la contribution financière des habitants ou organiser une collecte directe dans le site d’orpaillage pour une bonne conduite de sa mission. Les deux chefs  de site sont désignés au cours d’une séance publique par l’assemblée du village. Les critères qui déterminent le choix des chefs de site demeurent la confiance Communautaire à l’égard du postulant, d’une part, et l’espoir que ce dernier portera chance au dioura en favorisant une plus grande découverte de l’or.

Ø  L’organisation du travail dans les damans et les métiers de l’orpaillage

A l’instar de l’organisation qui prévaut dans le dioura, on retrouve dans les mines une organisation du travail visant la bonne exécution des tâches et l’harmonisation des rôles de chaque orpailleur. L’exploitation des mines artisanales nécessite la mise en place d’équipes d’orpailleurs dont les tailles varient fortement d’une mine à l’autre. Chaque mine artisanale ou daman est généralement la propriété d’un seul individu, mais il arrive que deux individus s’accordent pour partager la propriété d’une mine. L’obtention d’un daman au sein du dioura n’est toutefois assujettie à aucune contribution financière ou démarche administrative. Il suffit d’être le premier à désigner l’emplacement retenu pour creuser dans la zone autorisée à l’exploitation et d’en obtenir la certification orale par un tomboulouma pour être propriétaire de la mine en question. Le processus d’exploitation ou de mise en valeur de l’emplacement ciblé commence donc par la désignation d’un chef d’équipe par le propriétaire. Ensuite, le chef d’équipe, seul ou en collaboration avec le propriétaire, procède à la constitution de l’équipe chargée de l’exploitation.

Yahya SIDIBE

HISTORIQUE DES ECOLES CORANIQUES AU SENEGAL

Jeudi 20 Aout 2015 - 18:21:10

Historique des Ecoles Coraniques au Sénégal

Historiquement, l’école Coranique ou Daara constitue au Sénégal la première offre d’éducation basée sur l’acquisition de connaissance à partir de l’écriture, de la lecture et de mémorisation du Coran et de textes religieux. Certains chercheurs dont les travaux scientifiques sur l’historicité de l’école coranique au Sénégal servent de référence attestent que cette institution séculaire puisse ses fondements dans les sociétés traditionnelles du nord du Sénégal où l’ordre politique et social cédait la place à un vaste mouvement d’islamisation et d’hégémonie des lettrés »ceux qui maîtrisaient le Saint Coran » sur ces sociétés. Daara est un mot wolof qui signifie un centre d’enseignement.

 Dans ce processus historique de fondation et de d’institutionnalisation d’une éducation formalisées, l’école coranique devenait non seulement l’institution la plus reconnue socialement pour formation du « bon musulman » maîtrisant  parfaitement tout ou partie du Saint Coran et instruit des pratiques culturelles de l’islam, mais participait à la formation des élites au pouvoir.

L’enseignement Coranique traditionnel est basé sur la mémorisation des versets du Saint Coran et les textes religieux afin de développer chez l’enfant les techniques de déchiffrage et d’association. La pédagogie de l’école coranique recourt essentiellement aux techniques de l’observation, de la réflexion et de la mobilisation des structures Usuelles.

L’école Coranique est aussi une institution fortement ancrée dans la communauté et se reproduisait par l’offre de socialisation axée sur l’initiation des apprenants à la vie en communauté. Ce processus éducatif prenait en compte l’initiation aux activités agricoles et aux travaux d’intérêts collectifs).

« Le rite de passage à la vie adulte » par la recherche de l’humilité l’ascétisme constituait la modalité formative centrale. Ces deux vertus  cardinales de cette modalité devraient s’acquérir par l’éloignement du milieu familial direct et la dépendance à la communauté pour se nourrir. C’est pourquoi, la vie en communauté (en internat) était la règle des écoles Coraniques traditionnelles. Dans ce processus de socialisation, les privations et les châtiments corporels sont appliqués comme méthodes »éducatives ».

Ce projet pédagogique originel de l’école Coranique n’a pas résisté aux mutations de la société sénégalaise coloniale et post colonial. Elle a gardé la méthode traditionnelle pédagogique basée essentiellement sur la mémorisation et a perdu sa vitalité en tant que système d’éducation qui prenait en compte l’ensemble des connaissances et compétences pour la vie active au service de la communauté.

 La prise en charge de l’apprenant (le talibé) et de son maître (marabout) par la pratique de la quête de l’aumône, qui avait une valeur pédagogique et se pratiquait sur la base de contrat social entre la communauté, est devenue aujourd’hui une source d’abus, de la traite des personnes et d’exploitation économique pour de nombreux enfants. Le système qui soutenait les écoles coraniques en milieu rural a sombré suite à la longue sécheresse des années 1970 et à la crise généralisée des années 1980. Il s’en est suivi un exode massif qui n’a pas épargné les maîtres coraniques ou marabouts.

Ils furent contraints de partir en ville, d’autant que, de plus en plus, nombreux sont ceux qui leur confient leurs enfants non seulement par devoir mais nécessité sans aucune contrepartie. Même si elle aujourd’hui marginalisée, l’école Coranique constitue la première offre d’éducation basée sur l’acquisition de connaissances. Cette éducation intervient dès le cycle de la petite enfance et demeure la modalité d’éducation la plus répandue du fait de l’obligation pour tout parent musulman d’assurer à chaque enfant l’accès à l’instruction Coranique. Les zones d’exode sont celles de l’intérieure, singulièrement celles situées dans le bassin arachidier.

Il y a un double mouvement : celui des villages vers les villes centres que sont : Louga, Diourbel, Kaolack, Thiès, etc. Et celui de ces villes vers Dakar. Ce dernier mouvement est sans commune mesure avec le premier. Dakar la capitale du Sénégal est, en effet d’une force attractive telle qu’il est devenu au fil du temps la destination directe des émigrés du monde rural et même des pays avoisinants. Confrontés à l’urbanisation et à ses effets pervers : l’éclatement de la cellule familiale, la dislocation du tissu communautaire, l’individualisme, la perte de valeurs de solidarité. Les maîtres Coraniques ou marabouts à l’instar de bien d’autres émigrés et même de certains citadins recourent à la mendicité comme stratégie efficace de survie.

La mendicité des enfants  est aujourd’hui une des problématiques lourdes et chroniques de la plupart de certains écoles Coraniques soumises à la mobilité et installées en milieu urbain. Ainsi les enfants talibés mendiants sont soumis à des violences physiques, sexuelles et psychologiques souvent très brutales et même dé fois on enregistre de morts d’homme suite aux violences physiques. Dans des centaines de Darras ou écoles Coraniques urbains du Sénégal, ce sont ces enfants qui pourvoient aux besoins des adultes maîtres Coraniques ou marabouts et leur famille. Aujourd’hui on constate des milliers d’enfants victimes de la traite des êtres humains lorsque certains maîtres Coraniques ou marabouts les transfèrent d’un endroit à un autre ou les accueillent dans un but d’exploitation.

 Par Yaya SIDIBE Président  fondateur SOS TALIBES


L'Afrique et la Déclaration Universelle des droits

Mercredi 25 Juillet 2012 - 16:9:41

L’Afrique et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 Décembre 1948

Les deux guerres mondiales ont fixé la conscience de la communauté internationale sur un certain nombre de réalités qui sont : Les horreurs et les atrocités qui demeurent inoubliables pour tous ceux qui y ont assisté. La reconnaissance de la dignité comme fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde.


 Le respect effectif et universel des droits de l’homme comme fondement de la paix durable. Ces réalités ont été le dénominateur commun qui a conduit la communauté Internationale à repenser sa structure organisationnelle en créant l’Organisation des Nations Unies (ONU). 


Ainsi dès sa création en 1945, L’ONU qui est une organisation à vocation Universelle a entrepris l’élaboration de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui fut adoptée en 1948 « pour » 48 pays ont voté la Déclaration Universelle par l’Assemblée générale des Nations Unies le 10 Décembre 1948 à Paris.


 La première grande réunion de travail sur ce texte avait eu lieu à Lacke Success, près de New York, du 27 Janvier au 10 Février 1947. Abstention huit pays ont choisi l’abstention dont l’Afrique du Sud (et suivie en 1966 des deux pactes et d’un protocole facultatif.


 Ce sont ces 4 instruments qui constituent cette charte internationale des Droits de l’Homme. Dès son adoption la Déclaration Universelle des droits de l’Homme est proclamée comme étant « l’idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations ». Elle est composée d’un préambule et de 30 articles qui constituent sans aucun doute le catalogue de tous les droits auxquels tout individu du seul fait de son appartement à la communauté humaine, peut prétendre.


 Le préambule révèle la résolution des peuples représentés et leur foi dans les droits fondamentaux de l’Homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, tout comme dans l’égalité des hommes et des femmes et entre nations. Il précise que le but de l’ONU est de favoriser le progrès social et l’instauration de meilleures conditions dans une plus grande liberté.


Les articles de fond visent les droits civils et politiques (Art 3 à 21), les droits économiques, sociaux et culturels (Art 22 à 27). L’article 3 proclame le droit à la vie, le droit à la liberté et le droit à la sûreté de la personne. Les articles 22 et 27 reconnaissent parmi les droits économiques, sociaux et culturels, le droit au travail, à la sécurité sociale, au repos, aux loisirs, à la santé, au bien- être, à l’éducation, et celui de prendre part à la vie culturelles communautaire.


Les articles 28 à 30 reconnaissent le droit à ce que règne la paix sur le plan international, pour le développement des droits de l’homme. De même, que l’exercice de ces droits ne peut être restreint que par une loi et dans l’intérêt du respect des droits d’autrui. Enfin que nul ne peut utiliser la DUDH pour détruire les droits et libertés qu’elle contient.


Le droit à la vie est, selon l’expression du comité des droits de l’homme des Nations Unies, « le droit suprême de l’être humain ». Affirmer ce droit conduit donc tout naturellement à s’interroger sur ce qu’est la vie et, en particulier, à se demander si celle-ci doit être protégée à partir de la naissance ou dès la conception. Le droit à la liberté et à la sûreté, proclamé, lui aussi, par l’art 3, tend à protéger la liberté physique de la personne contre toute arrestation et détention arbitraires.


 Ce sont occupés une place centrale dans toute société démocratique. Au moment de l’adoption de la Déclaration Universelle des droits de l’homme (DUDH), deux pays d’Afrique seulement n’étaient pas sous administration européenne, et faisaient partie de l’ONU - l’Ethiopie et le Liberia impérial - le seul autre pays d’Afrique représenté à l’ONU était l’Afrique du Sud Apartheid qui s’était d’ailleurs abstenu l’or du vote de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme (DUDH).


 Dès lors, les droits reconnus dans la Déclaration Universelle des droits de l’Homme ont été complétés et mieux définis par l’ensemble de la communauté internationale dans les traités et conventions adoptés par l’ONU et sur le plan régional par l’organisation de l’Unité Africaine (l’OUA) devenu Union Africaine (UA).


Ont contribué à ce processus de nombreux pays autrefois colonisés en Afrique et ailleurs qui n’avaient pas eu auparavant la possibilité de s’exprimer sur la nature des droits et libertés. L’un de ces traités régionaux est la Charte Africaine des droits de l’Homme et des peuples qu’ont élaborés en 1981, les états africains regroupés au sein de l’OUA.


Le comité de rédaction de la charte s’est inspiré du principe qu’elle devait refléter la conception africaine des droits de l’Homme, prendre comme modèle la philosophie africaine du droit et répondre aux besoins de l’Afrique. Il est également reconnu la valeur des normes internationales relatives aux droits de l’Homme que beaucoup de pays d’Afrique s’étaient déjà engagés à respecter.


De ce fait la charte entreprend d’associer les besoins et valeurs spécifiques des cultures africaines avec des normes internationalement reconnues.  L’un des traits distinctifs de la Charte est qu’elle reconnaît les droits des peuples et notamment le droit à l’autodétermination. Ce qui s’expliquait aisément en 1981, époque où certains pays étaient encore colonisés.


L’Afrique coloniale et les droits de l’Homme

Les droits de l’Homme ont été une véritable révélation pour l’Afrique qui avait subi près de trois siècles d’humiliation due à la colonisation sous ses multiples formes. Cette colonisation était d’abord une occupation d’espaces géographiques, dit des possessions, des colonies ou des territoires. Elle était aussi politique dans la mesure où les populations étaient directement administrées et n’avaient pas de statut juridique déterminé.


A cet égard, il a fallu attendre la loi de 1916, pour voir les Africains dotés de statut de citoyen français, afin qu’ils puissent participer à la guerre qui se déroulait en France. Toutefois cette citoyenneté se limitait aux seuls habitants de quatre communes du Sénégal (Saint- louis, Rufisque, Dakar, Gorée). Elle était économique du fait que les ressources et autres richesses locales des colonies étaient propriétés exclusives de la puissance administrante qui en disposait à sa guise.


 Elle était enfin culturelle, car en imposant sa culture dans les colonies, le pouvoir colonial l’a qualifié de civilisatrice pour les Africains dont les langues étaient dites « vernaculaires ». Le sort des colonies évoluera considérablement avec la création de l’ONU dont la mission de maintient de la paix était fondée sur le respect effectif et universel des droits de l’Homme.


En marges de la Déclaration Universelle des droits de l’homme (DUDH), l’ONU avait une importante proclamation portant pour la première fois sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de leurs richesses.


 L’organisation mondiale demandera à l’occasion aux puissances coloniales de donner l’effet qu’elle mérite à cette proclamation, en conduisant leurs colonies et territoires vers l’indépendance et la souveraineté internationale dans un délai raisonnable. A l’effet d’appuyer les efforts de l’ONU dans la mise en œuvre de cette proclamation les dirigeants des colonies et territoires français, britanniques, espagnols ou portugais se réuniront à Bandung  (Indonésie) en avril 1955.


Cette réunion historique adoptera d’importantes résolutions qui demandaient aux puissances coloniales, de conduire dans l’ordre et la dignité, leurs possessions vers la souveraineté internationale. Les états africains indépendants et les droits de l’Homme. Le début de l’année 1960 fut marqué par des proclamations en séries d’indépendance en Afrique. Mais les états africains vont très vite être confrontés au problème du sous-développement.


Il faut savoir que la répartition des richesses mondiales est scandaleusement inégalitaire : en effet 70% des individus du globe qui vivent dans l’hémisphère Sud (Afrique, Asie, Amérique Latine) jouissent de 30% des richesses de la planète, tandis que 30% des êtres humains bénéficient de 70% des richesses de la terre.


 Le sous-développement est la règle, le développement est l’exception. Les politologues et sociologues ont souligné la coïncidence presque  absolue entre les « grandes zones d’industrialisation » et les « grandes zones de libéralisme politique » et entre les « zones de sous-développement économique » et les « zones d’autoritarisme ».


S’il n’est pas un facteur exclusif, le niveau de développement reste le facteur déterminant qui modèle généralement une société politique. Mais ce concept de niveau de développement doit être élargi au-delà de sa signification strictement économique. S’il est essentiel, le développement économique n’est pas tout le développement. Un système développé se définit par toutes sortes d’éléments : économiques, mais aussi extra-économiques (sociaux, culturels etc.)


 Dans cette perspective plus vaste, on peut soutenir sans conteste que le niveau de développement s’il ne détermine pas inéluctablement l’aspect politique d’une société, le conditionne pour une bonne part. Le niveau de développement délimite la marge, le cadre dans lequel pourra se mouvoir la spécificité, l’originalité du phénomène politique.


 En un mot, il pose les bornes de l’autonomie politique. Ce n’est donc pas un hasard si les pays de l’ex tiers-monde ont donc presque eu des systèmes autoritaires ou dictatoriaux (dans lesquels la défense de l’ordre public était la première priorité), car la démocratie requiert, pour se développer, certaines conditions politiques, économiques, sociales et culturelles qui font  défaut en Afrique.


La conception occidentalo-centriste des droits de l’Homme ne doit pas occulter les réalités du sous-développement. La décolonisation a créé un choc psychologique et politique. Elle a engendré l’illusion d’une mutation radicale des rapports économiques et sociaux. La longue marche vers l’indépendance a été tantôt pacifique, tantôt violente.


 Une fois obtenue, tout restait à construire : Un Etat moderne, une administration efficace, un système éducatif capable de former des cadres et d’alphabétiser rapidement la population. La modernisation de l’Etat et la fondation d’une Nation exigent un pouvoir politique fort, surtout dans un environnement hostile. La modernisation économique - la quête du développement-devient l’objet prioritaire des sociétés africaines qui   sont fascinées par le modèle occidental de la société de consommation.


 Mais les Etats nouveaux ont à affronter dans cette colossale entreprise des obstacles énormes : le handicap de l’explosion démographique, la résistance au changement de certaines classes sociales, les pesanteurs sociologiques (traditions culturelles, coutumes ancestrales les plus diverses, tribalisme), le poids des facteurs religieux, sans oublier le passé colonial et la dépendance économique de la « périphérie » sous-développée vis-à-vis du « centre » industrialisé.


 En plus de leur fragilité économique, les sociétés africaines sont instables politiquement (coup d’Etats, rivalités locales, guerres civiles, conflits frontaliers etc.) Tous ces facteurs expliquent que le sous-développement apparaît comme une cause fondamentale du non-respect des droits de l’Homme.


 Il en est ainsi des droits sociaux et économiques (droit au minimum vital, à l’éducation, à la santé, au travail), puisque le sous-développement est la privation des moyens de satisfaire ces besoins. L’exception de sous-développement était même très souvent annoncée par les Etats nouveaux pour justifier la suppression des droits civils et politiques les plus élémentaires tel que le droit à la vie.


 L’embrigadement des masses dans le parti unique interdit à l’opposition de s’exprimer, la militarisation du pouvoir exclut la liberté d’expression, et d’opinion ; la censure sur les médias est la règle. Ainsi, les Nations africaines prolétaires proclament hautement dans les textes constitutionnels leur attachement aux libertés fondamentales, mais sacrifient en fait les droits de l’Homme à la nécessité de la modernisation économique. L’environnement juridique est ici sans valeur. Ces violations flagrantes des droits de l’Homme sont également tributaires de certains contextes culturels.


La civilisation européenne fait de l’Homme le centre de toute chose : elle est rationaliste, individualiste, humaniste (doctrine qui affirme la valeur de la personne humaine et vise à l’épanouissement de celle-ci). Les civilisations africaines reposent sur des bases différentes. Elles sont plus collectives parce qu’elles conçoivent autrement les rapports entre individu et le groupe, entre l’Etat et la société, entre les gouvernements et les gouvernés.


De plus, certains pratiques africaines (mutilation génitale féminine ou excision, infibulation, l’ablation, les mariages forcés ou précoces,) ou Islamique (lapidation, amputation etc.) Sont en contradiction flagrante avec les instruments internationaux  relatifs aux droits de l’Homme. Ainsi la problématique des droits de l’Homme n’est pas posée ni conçue de la même façon dans les sociétés industrielles capitalistes (libertés formelles) et les sociétés africaines tiers-mondistes qui donnent la priorité au développement.



Visite d'une école coranique

Mardi 13 Decembre 2011 - 13:24:58

Compte rendu de la semaine


d'action à M’PAL Sénégal

 

On ne naît pas enfants de la rue, la rue n'enfante pas, c'est la société par le biais de certains parents qui envoient l'enfant dans la rue. Ces enfants sont le produit de la société et de quelle société ?

 

Le Sénégal est un des pays concernés par le programme mondial de l’EPT de l’UNESCO. En appui des efforts consentis par l’Etat sénégalais et de l’aide internationale, ces dernières années, ce sont aussi les initiatives privées, les ONG qui ne manquent pas de s’activer autour de cet objectif d’éducation. Les écoles communautaires de base, les écoles de la rue, en français, en langues nationales, en arabe, tentent d’intégrer ceux qui ne sont pas à l’école formelle par des moyens informels. Les écoles coraniques absorbent une grande partie des enfants.

Pourtant, un grand nombre d’enfants, court les rues des villes et plus particulièrement de la capitale sénégalaise. Ces enfants reçoivent-ils l’éducation de base à laquelle ils ont droit ?

Qui sont ces enfants ? Pourquoi sont-ils dans la rue ? De nombreux enfants sont dans la rue pour mendier et ils viennent non seulement des régions mais aussi des pays de la sous région. De quelle forme de socialisation sommes-nous en présence ?

Alors qu’ils sont attelés à demander l’aumône, ils n’ont pas le temps pour étudier et sont ainsi exclus de tout système qui peut leur apporter l’éducation de base nécessaire à leur insertion socio-économique suivant une pratique démocratique et égalitaire.

Lors de la journée du 12 /03/10, nous sommes rendu en zone rural dans la région de Saint Louis à m’Pal .Qui est un « daara » moderne, là nous avons visité un « daara » et discuté avec le maitre coranique.

 

Le « daara » de M’Pal date de 1976, et compte trois salles de classe, composée de trois sections. Avec un mixage de filles et de garçons âgés environ de 2 à 10 ans. Au début les enfants étaient au nombre de 45 de nos jours ils sont 285.

Ils viennent au « daara » tous les jours sauf le jeudi et le vendredi. C’est une école coranique traditionnelle en voie de modernisation .Les enfants ne mendient pas. Parmi ces enfants, il y  en a qui fréquantent les écoles françaises.

L’école coranique de M’pal est différent de beaucoup d’autres écoles . Plan international les a fourni des aides.

Ils ont mis en place un conseil d’administration, le maitre coranique ne touche, ni voit les dons qui sont fournis par les ONG. Les parents de ces enfants étaient des anciens de cette école.

 

Le « daara » de M’pal est un daara en voie de la  modernisation.

 La religion et la culture dominent dans ce « daara »  les petites filles sont voilées et séparées des garçons.

 

« L’éducation de base est primordiale avant la scolarisation » nous disait le fils du maitre coranique car il aide, prépare à encadrer les enfants talibés, le bâton fait partie de leur méthode éducative. Malgré que ce « daara » soit un daara en voie de la modernisation, les enfants sont dans les conditions pas trop confortables (voir photo dessous).ils sont entassés dans de petites classes. Les plus petits  sont dans des conditions un peu défavorable car ils sont assis au sol il y a un véritable problème d'espace. 

 

 En conclusion, la pauvreté est facteur majeur  de la  condition vie de ces enfants talibés. Les  maitres coraniques essayent de d’améliorer la situation, mais n’ayant beaucoup d’aides et dons de la part des ONG. Cela reste très difficile. Les peu de dons qu’ils reçoivent de temps en temps , ils le partagent avec des enfants qui vivent même dans le quartier, et pourtant ne fréquentent pas le « daara ».

La culture revient faire surface car la solidarité est primordiale au Sénégal.

Rebecca Fernandez stagiaire 


Comment va le monde d'Aujourd'hui?

Mercredi 23 Novembre 2011 - 14:21:2

Comment  va le monde d'Aujourd'hui ?

La qualité de la vie en société ne se mesure pas seulement à coup de dollar, mais aussi de démocratie, de droits humains et de sécurité alimentaire pour tous. Elle suppose une prise en compte de l’environnement sans lequel il n’y aura pas d’avenir pour nos enfants.

Comment va le monde, il va bien mal. Et pourtant, de multiples raisons d’espérer existent. Car les transformations que connaît notre planète ne sont pas imposées à des populations impuissantes par une poignée de firmes transnationales et multinationales ou de financiers devenus  les nouveaux maîtres du monde.

Certes les logiques imposées par les plus grands Etats et par les organisations internationales qu’ils dominent ne sont pas celles qu’on pourrait souhaiter. Mais la mondialisation, puisqu’on désigne désormais sous ce mot les transformations du monde actuel, est aussi un phénomène culturel, économique et social qui nous amène à nous considérer toujours plus comme des citoyens du monde, solidaires les uns des autres.

Elle contribue ainsi à faire émerger les forces à même de lutter contre ses effets pervers. Elle nous fait prendre conscience de la nécessité d’imaginer des réponses collectives, négociées, à l’échelle de la planète, pour répondre aux problèmes communs dans des domaines aussi divers que l’environnement, la finance ou des droits sociaux ,culturels et économiques.

Le moment semble opportun, en cette première décennie d’un siècle neuf, de revenir sur un passé récent afin de mieux nous préparer pour les défis qui nous attendent. La décennie qui vient de s’écouler, et qui a commencé avec la chute du mur de Berlin, a été marquée par de profonds bouleversements politiques, sociaux, économiques et culturels.

Le mouvement de défense des droits humains s’est développé en force et en nombre. La conscience de l’importance de ces droits est sans  aucun doute plus  aiguë qu’elle ne l’a jamais été.

 Pourtant, l’existence d’une grande partie  de l’humanité est ravagée par la répression, la misère, la pauvreté absolue, le sida, les conflits armés etc. L’optimisme qui nous animait en 90 a fait place à des craintes tout à fait fondées et le militantisme en faveur des droits humains  est plus que jamais indispensable.

Mondialisation    

La fin de la guerre froide a été saluée par beaucoup comme l’annonce d’un nouvel ordre mondial porteur de liberté et de prospérité pour tous. Or, pour des millions d’êtres humains, la réalité s’est révélée bien différente.

 La mondialisation, caractérisée par une extension de l’économie de marché, la généralisation du pluralisme politique et le progrès technologique, s’est traduite par un enrichissement pour quelques uns par la déchéance et le désespoir pour le plus grand nombre.

Les grands groupes se sont peu à peu affranchis des Etats nationaux. Parallèlement à la concentration des richesses entre les mains des multinationales, on a assisté à la montée en puissance des institutions  économiques mondiales, tels le FMI, la BM ou OMC. Le monde n’est pas devenu pour autant un village global ou planétaire. L’essentiel de notre vie économique, sociale, culturel et politique se joue encore au niveau local, national ou régional.

 La mondialisation s’accompagne d’un cortège de dettes et de pauvreté. Dans plus de 80 pays, le revenu par habitant était inférieur en 2000 à ce qu’il était en 90. Au moins 1,3 milliard d’êtres humains tentent de survivre avec moins de un dollar par jour.

 La déréglementation, les privatisations et le démantèlement des appareils sociaux ont entraîné un accroissement des inégalités dans de nombreux pays notamment les pays du sud. Dans une grande partie du monde, la corruption s’est développé tout comme l’insécurité individuelle, sociale et politique.

L’intensification des violations de tous les droits humains, telle a été la conséquence prévisible et presque inévitable de cette augmentation de la pauvreté. Le mur de Berlin s’est sans doute écroulé, mais celui de la misère, de la pandémie du sida, de l’intolérance, des guerres civiles, le réchauffement climatique, et de l’hypocrisie reste solide.

Espoirs déçu

Contrairement aux attentes, la concentration internationale entamée au début de la décennie n’a guerre permis de lutter efficacement contre le saccage de la planète. Au moins connaît-on mieux les problèmes, sous la pression de plus en plus forte d’une opinion publique mondiale en train d’émerger.

A l’orée des années 90, le monde n’était pas au mieux de sa forme au terme de plus d’une décennie de crise et d’ajustement au niveau contexte économique et financier international.

 Le chômage prenait dans les pays du Nord les proportions d’un cataclysme, les pays du Sud semblaient ne pas pouvoir sortir d’un endettement qui les étranglait, la dégradation planétaire de l’environnement s’accélère et, partout, la pauvreté commençait à reconquérir les territoires qu’elle avait perdus au cours des décennies précédentes.

 Grands et petits pays se disaient en effet convaincus qu’il convenait de relancer rapidement le processus de concertation internationale, une fois levée l’hypothétique de la bipolarité du monde, qui avait gouverné les relations inter-états durant quarante ans. Les Nations Unies se voyaient investies d’une légitimité toute neuve.

 Elles se manifestaient alors sur tous les fronts, du maintien de la paix au lancement d’une réflexion globale sur l’état de la guerre du Golf, les Etats Unis eurent de nouveau besoin de l’ONU pour donner une onction internationale à leurs opérations de mise en place d’un ordre mondiale unipolaire l’exemple de la guerre sur "les armes de destruction massive "menée par les Etats Unies d’Amérique en Irak est toujours d’actualité.

Désillusions

Près de dix ans plus tard, les espoirs de naguère apparaissent comme autant d’illusions. Loin de se porter mieux, le monde irait plutôt plus mal, malgré le retour ici et là d’une croissance plus soutenue. Les « cent fleurs » de la démocratie n’ont pas donné les frits escomptés.

 Des guerres civiles ont succédé, dans bien des régions de l’ex-tiers monde, aux conflits Est-Ouest dont elles étaient le théâtre. Les miracles à éclipses de quelques pays Asiatiques ne peuvent masquer le creusement mondial des inégalités, et les stratégies de lutte contre la pauvreté mises en place pour rendre moins amère la potion de l’ajustement libéral n’ont eu pour l’heure que des résultats limités.

 Pire, les pas riches sont plus pingres que jamais : leur aide au développement n’a atteint, en 1996, que 0, 33% de leurs produit national brut (PNB) global, la proportion la plus faible depuis quarante-cinq ans. Quant aux plans de réduction de dette qu’ils proposent en échange, ils sont bien trop timides et assortis de conditions trop draconiennes pour sortir les pays surendettés de l’ornière.

 Ils n’y a donc pas de quoi pavoiser en attendant la fin du siècle. Nous sommes entrés dans une phase nouvelle de cette histoire qui n’a jamais de fin, une phase d’exacerbation des conflits armés et de montée de luttes sociales et politiques.

 La crise exacerbée déjà les contradictions au sein des blocs de classes dominantes rien ne garantit a priori que ces contradictions seront surmontées par des moyens démocratiques. D’une manière générale, les classes dominantes aux abois s’emploient à éviter que les peuples n’interviennent dans les débats, soit en manipulant les opinions (et sauvegardant aussi les apparences de la démocratie), soit en envisageant carrément le recours à la violence.

Un nouveau traitement des problèmes  

Cette communauté internationale s’est-elle toutefois penchée sur des sujets nouveaux ? De l’environnement à la population, de l’habitat aux droits humains, presque tous les thèmes ayant fait l’objet d’une conférence internationale dans les années 90 avaient déjà été abordés par les Nations Unies. Mais pas dans les mêmes termes.

 Entre 1992-96, le rythme accéléré des grands-messes de l’ONU a révélé la volonté de l’organisation de lier tous les sujets entre eux et de proposer, à l’aube de l’an 2000, l’esquisse d’une nouvelle façon de gérer la planète et de gouverner ses habitants. Le traitement même des problèmes s’est par ailleurs radicalement démarqué de ce qu’on en disait jadis.

 L’environnement, qui a inauguré en 1992 le cycle contemporain des grands sommets mondiaux, a donné lieu à une mobilisation internationale inimaginable quelques années auparavant et a contraint les Etats les moins disposés à le faire à reconnaître-même du bout des lèvres- que les modes de production et de consommations dominants risquaient de conduire l’humanité à sa perte.

Jamais comme en 1994 au Caire, la question de la rapidité de la croissance démographique n’avait été abordée en des termes aussi clairs et la condition féminine aussi étroitement associée à la problématique générale des droits humains. Cette formulation étant désormais préférée, sauf en France, à celle des droits humains.

Jamais en fin, depuis la naissance des Nations Unies, la question sociale n’avait fait une intrusion aussi fracassante dans les instances internationales : le sommet qui lui a été consacré en 1995 à Copenhague, premier du genre, a rassemblé plus de chefs d’Etat de la planète que l’on n’en avait vu de mémoire Onusienne.

Avec le thème de la condition féminine, la pauvreté a  traversé l’ensemble des débats internationaux des années 90. Hommage probable du vice à la vertu dans les deux cas car, jamais non plus, les résistances aux changements nécessaires n’ont été si marquées.

Reculs et avancées

C’est ainsi qu’à Copenhague, aucune décision d’aucune sorte n’a été prise pour stopper les processus actuels de paupérisation.

 Les tenants de la déréglementation destinée à faciliter la mise en concurrence générale des économies de la planète, l’ont emporté haut la main -Etats Unis d'Amérique en tête- sur les partisans de l’instauration de nouvelles régulations internationales, intégrant la contrainte environnementale et faisant du mieux-être social une priorité politique.

Il ne s’est agi en fait, que de trouver des palliatifs capables de désamorcer à moindre frais la bombe sociale qui risque – les décideurs du monde entier en sont conscients– d’explorer aux quatre coins du globe, avec les coûts économiques et politiques que l’on imagine.

L’indigence des résultats du sommet de Rome, consacré en Novembre 1996 à la question alimentaire, a confirmé l’impossibilité de remettre en cause certains intérêts dominants, au demeurant défendus avec force par l’écrasante majorité des syndicats agricoles occidentaux.

 Si les avancées juridiques sur les questions liées à la sauvegarde de l’environnement ont été moins décevantes, les blocages enregistrés ici ont réactualisé –comme en matière sociale – le conflit autour du primat contesté de l’économie et du court terme sur une gestion plus sage et plus équitable des ressources mondiales. 

Quant au thème des femmes et de la démographie, il a donné lieu à quelques – uns des débats les plus violents de ces dernières années. Le monde n’est pas resté pour autant en l’état. Au contraire, les évolutions n’ont jamais paru si rapides ni les mutations si profondes. Dans leur sillage ont surgi des préoccupations, des craintes et des aspirations nouvelles, portées par des acteurs naguère inconnus des instances officielles.

 Des thèmes longtemps marginalisés sont devenus les sujets principaux des conférences mondiales. Progressant sur tel problème, régressant ailleurs, l’humanité – pour paraphraser Marx – se pose-t-elle aujourd’hui des questions qu’elle peut résoudre ? Oui, puisqu’il semble que des solutions existent pour relever les défis auxquels elle est confrontée. La réponse est moins évidente quand on mesure les pesanteurs et les résistances apparus dans le même temps.

 La communauté internationale –qui comprend désormais, outre les Etats, le secteur privé transnational et les représentants de plus en plus disparates d’une société civile mondiale en voie de constitution - est aujourd’hui partagée entre une prise de conscience des problèmes, propice à la recherche de nouvelles régulations adaptées au monde actuel, et la soumission aux exigences du court terme, exacerbées par la révolution en cours des communications et par la déréglementation généralisée qu’elle facilite sous les auspices d’un libéralisme rajeuni et revigoré.

L’émergence d’une opinion publique mondiale

Il faut attribuer cette évolution au développement sans précédent, depuis le début des années 90, d’un mouvement associatif mondial aux multiples facettes. L’un de ces principaux mérites a été de bousculer le bel ordonnancement des négociations internationales en portant sur la place publique des questions jugées jusqu’ici explosives ou peu dignes d’intérêt.

Des catégories de l’opinion publique jusqu’ici contraintes au mutisme, comme les femmes, les représentants des sans -logis ou des sans- terre, la société civile en générale, ont fait irruption sur une scène mondiale qu’elles n’ont plus l’intention de quitter.

Cette émergence d’une opinion publique mondiale contribue à changer la donne dans la mesure où elle agit dans tous les domaines comme un contre-pouvoir : elle assure à l’échelle planétaire une fonction tribunitienne dont il semble désormais de la parole étatique, lui portant la contradiction dans des instances qui lui avaient été longtemps réservées.

On comprend dès lors que l’Etat se sente fragilisé, pris en tenaille qu’il est entre les réseaux économiques et financiers globalisés, un mouvement associatif mondial, l’urgence de la gestion supranationale d’un nombre de plus en plus grand de problèmes et l’émergence de nouvelles solidarités locales et régionales. Quelles doivent être ses missions et sa place sur le plan national comme sur le nouvel échiquier international ?

Si le débat reste ouvert, les partisans de la quasi liquidation de l’Etat cèdent du terrain face  aux défenseurs d’Etats aux missions rénovées, adaptés aux exigences d’un monde ouvert ; mais conservant leurs capacités de régulation politiquement proches de l’Islamisme, du Saint-Siège, de ses pays liges et d’un vaste mouvement associatif liés à la droite chrétienne, de prendre ses marques sur la scène mondiale.

 Quelles conclusions peut-on tirer de ces avancées, de ces reculs et de la façon dont le monde sait préparer à entrer dans le XXIe siècle ? Il semble d’abord évident qu’on ne peut plus cacher l’importance des défis qui l’attendent. Des informations de plus en plus fiables permettent d’en prendre la vraie mesure, de la dégradation de l’environnement au chiffre prévisible auquel se stabilisera la population mondiale.

 Contrairement à ce qu’une partie de la communauté scientifique affirmait à Rio, on en sait aujourd’hui suffisamment sur les conséquences les plus négatives des activités humaines pour pouvoir limiter les dégâts. En matière démographique, le spectre entretenu ici et là- d’une croissance illimitée des populations du Sud doit être remise au rayon des phantasmes.

Il ne sera pas pour autant facile d’accueillir les quatre milliards d’humains supplémentaires que la planète comptera bientôt, mais, du moins, l’humanité sait où elle va et peut réfléchir à la moins mauvaise façon d’y aller. Il n’existe plus, en outre, de sujets politiquement tabous : de la responsabilité de chacun dans la dégradation des écosystèmes aux victimes de toutes les violences, les causes les plus profondes des dysfonctionnements actuels des économies et des sociétés sont sujettes à débat.

Publié dans Sud  Quotidien du Mercredi 30 Novembre 2011

N°5557 page 11

 

Yahya  SIDIBE

Activiste,

Défenseur des droits de l’Homme,

 Membre d’Amnesty International

Président SOS Talibés

yayacounda@yahoo.fr


Halte aux massacres en LIBYE

Samedi 1 Octobre 2011 - 14:15:59

HALTE AUX MASSACRES EN LIBYE !

Il est curieux de constater que toute la communauté internationale ne réagis pas face aux dimensions qu’ont prises et que prennent les combats (massacres) en Libye tuant des milliers de personnes civiles femmes et enfants sans défenses ni protection. Un désordre incommensurable.

Les pro-Kadhafi sont traqués et une institution des droits humains Amnesty international est montée au créneau pour s’inquiéter du sort destinés aux centaines d’Africains »noirs » mis aux arrêts par les unités armées des rebelles du CNT (rebelles sur  armés par (l’OTAN avec le risque d’avoir armé AL QAIDA et d’autres groupes  armés dans le continent africain).

 Qu’en est-il sur leur condition de détention arbitraire?

 Aucune statistique fiable n’a été révélée jusqu’ici sur le nombre de ressortissants africains noirs résidants en Libye qui seraient tués ou « disparus » depuis le début du conflit.

Que fait concrètement l’UA face à cet état de chose ?

Quelle est la dimension des droits de l’Homme dans une institution du genre (UA) ?

Quelle sont les mesures de protection réelles des droits de l’Homme en situation de soulèvement national ou de crise dans les pays Africains ?

Qu’en dit la commission Africaine des droits de l’homme de l’UA ?

L’objectif semble être d’intégrer la pauvreté dans le quotidien de la Libye et d’aller par la suite négocier leurs richesses contre les aides au développement comme ils le font si bien en Afrique subsaharienne (faut-il rappeler qu’un chômeur Libyen est mieux payé qu’on chômeur français ?

Que l’eau et l’électricité y sont gratuits ?) Qu’en est-il  dans les pays qui composent l’OTAN ?

Devrait-on attendre le résultat néfaste au développement de l’Afrique avant de réagir ?

A quel développement la future Libye (Libye CNT ou Libye d’après CNT) peut-elle espérer sans le potentiel humain ?

Les statistiques de décès changent selon les médias qui les communiquent et cet état de chose devrait inquiéter plutôt que de susciter l’admiration ou la haine envers une quelconque partie au conflit. Qu’en est-il de vraies données ?

Les pays impliqués dans le conflit n’ont d’autres préoccupations que le partage du pétrole Libyen.

Si nous admettons que le CNT et l’OTAN luttent pour la défense des droits de l’Homme comme ils le disent ou ils le prétendent, n’en violent-ils autant en tuant les civils femmes et enfants dans les zones tenues ou sous contrôle des Kadhafistes ?

Il serait judicieux que les institutions nationales et internationales de défense des droits de l’Homme et humanitaires jouent réellement leur partitions à ce sujet.

Car de plus en plus, les Etats demeurent liés par les dispositions conventionnelles des traités auxquels ils sont partis et qui reprennent la disposition de l’article 30 de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme du 10 Décembre 1948 :

Ces dispositions s’imposent à eux et leur application est soumise tant au contrôle des organes internationaux qu’aux juridictions nationales, dans les mêmes conditions que tous les autres droits garantis. Il serait périlleux de faire reposer, tant l’ordre juridique sur une créance individuelle.

Ne serait-ce pas plutôt  l’ordre social et mondial qui assure les droits ? Qui garantit, en effet, cet ordre qui garantira les droits énoncés, si ce n’est les mêmes sujets de droit ?

 La contradiction est ici résolue-on plus exactement contournée-par le recours à la forme impersonnelle (« à ce que règne un ordre ») et passive (« puissent y trouver plein effet »). L’idée d’un nouvel ordre mondial est récurrente depuis 1948.

 Qu’il soit économique, politique ou juridique, la communauté internationale ne cesse de l’appeler de ses vœux. L’ordre-ou le désordre- du grand marché mondial ne se préoccupe guère des droits de l’Homme, et les politiques peinent à arracher la communauté internationale à son état de nature.  

 Or le droit à la vie est, selon l’expression du comité des droits de l’Homme des Nations Unies, »le doit suprême de l’être humain ». Affirmer ce droit conduit donc tout naturellement à s’interroger sur ce qu’est la vie et, en particulier, à se demander si celle-ci doit être protéger à partir de la naissance ou dès la conception.

 La convention américaine des droits de l’homme retient cette dernière solution. En revanche, les autres textes conventionnels ne fournissent aucune définition de la vie ; les institutions strasbourgeoises ont été d’une grande prudence et les juridictions nationales ont pris les dispositions diverses.

Le droit à la vie ainsi délimité droit, pour reprendre la formule du pacte sur les droits civils et  politiques, être » protégé par la loi ».

Dans cette perspective, les Etats ne sauraient priver »arbitrairement » une personne de la vie, selon les termes du pacte. Ils doivent en outre prendre contre les criminels les mesures nécessaires à la protection de la vie des citoyens.

Le droit à la vie s’arrête là : Il n’est, pour reprendre la formule de la cour de cassation belge, que » le droit à la vie physique au sens Usuel du terme et non le droit à une vie que l’individu concerné peut subjectivement qualifier de décente ».

 Il convient donc de ne pas confondre droit à la vie et aspiration à un meilleur niveau de vie.

Prenons conscience de ce qui se passe même si nous sommes incapables car Blaise PASCAL disait en 1660 : »c’est donc être misérable que de se connaître misérable ; mais c’est être grand que de connaître qu’on est misérable ».

Ces quelques mots pour réveiller et susciter la conscience africaine de façon générale et participative.

Yahya SIDIBE

Activiste, Défenseur des droits de l’Homme Amnesty International

Président fondateur SOS TALIBES

Email :yayacounda@yahoo.fr


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